
Youcef Merahi[email protected]/* */Franchement, j'ai hâte de voir l'été plier ses bagages et aller voir d'autres contrées. Je refuse l'idée d'un supplément estival. Non, merci ! On a été très bien servi. On a mangé à satiété. On a payé la douloureuse ; il est grand temps que l'été prenne la poudre d'escampette et qu'il aille proposer sa fournaise à d'autres gens que nous. Je n'ai pas l'impression d'avoir connu un été aussi pourri comme celui de cette année. Je sais de quoi je parle. Je ne suis plus très jeune. J'ai sur le dos un sacré paquet d'été ; mais, comme celui que nous vivons jusqu'à ce jour, je n'en ai pas connu. La solution ' Bien, je ne l'ai pas. Sincèrement, je ne peux rien proposer de local. La grande bleue ' Peut-être ! Mais aux risques et périls des amateurs de la bronzette idiote ! Il semblerait que la mer n'est pas gratuite, réputée pourtant du domaine public. Il faut payer ! Eh, oui ! Il faut montrer la profondeur du porte-monnaie. Comme il y a les parkingueurs citadins, il y a des parkingueurs (notez bien, messieurs de l'Académie française, nous enrichissons votre vocabulaire) cètiers. Ce n'est pas le mètre carré occupé qu'il faut payer. Non, il y a ceux qui pensent à notre confort et nous proposent des parasols, tables et autres chaises de plage. Les vètres ! Pourquoi donc vous encombrer de ces babioles saisonnières ' Qu'on se munisse d'une glacière, de pain et de fromage ; et le tour est joué. Les parkingueurs (plagistes, ailleurs) vous offrent le confort d'une journée, d'une semaine, d'un mois voire. Il me semble que c'est mille dinars le lot ; ainsi, vous pouvez profiter de la fraîcheur et des embruns de la mer. Notre ministre de l'Intérieur a déclaré”? C'est rien ! Payez ! Et taisez-vous ! Le ministre a déclaré”? Moi aussi, je déclare”? Tu paies : tu gares ta tribu, ici, à l'ombre d'un joli parasol, de couleur orange. Il y a du jaune, si tu veux ; il ne faut pas croire tout ce que disent les ministres ; ils ne sont pas sur le terrain ; ils sont là -haut ; puis, qu'ils viennent, ces ministres, tu verras qu'ils paieront comme tout le monde ; le stationnement est au-dessus de tous, comme la loi.Quand je vous disais que j'ai hâte de voir cet été déguerpir, j'avais raison. Qu'il aille où ' Je ne sais pas, moi. Qu'il aille dans un pays où ce soleil, justement, se fait désirer. Je ne sais pas, moi. Qu'il aille en Norvège, par exemple. En Laponie. Que sais-je, moi ' Qu'il s'en aille, c'est tout. à‡a y est, il a montré l'étendue de sa colère ; il a su convaincre tout le monde, par les hectolitres de sueur jetés au quotidien ; il a tapé dur sur des crânes évidés, au point où les narines pissent du sang ; de l'épistaxis, en série. A ce stade, un chameau (ou un dromadaire ') ne résistera pas longtemps à cette fournaise. Du quarante degrés Celsius. Du cinquante degrés. Au fait, je suis curieux de savoir où passent leurs vacances, nos ministres. Bref, ce n'est pas le sujet. Pas à Tigzirt, de toutes les façons ! Mon propos, c'est cette canicule qui n'arrête pas de flageller des dos qui n'en peuvent plus de se courber, au fur et à mesure que le soleil montre ses crocs. Le changement climatique, me dit-on ! Oui. Peut-être ! Où va donc la planète Terre ' Les hommes, dans leur grande bêtise, rêvent de coloniser l'espace, en abandonnant le miracle divin : la Terre. Reste avec nous, me susurre cette voix chauvine qui vient me houspiller, à chaque fois que je tente une pointe de philosophie, et tempérer mes ardeurs. Vas-y mollo, me dit mon double, un brin désabusé. Et si pour changer, on optait pour les sommets altiers du beau pays qu'est le nôtre ' Il y a des gîtes magnifiques, à plus de mille mètres d'altitude ; puis, on vous propose des sorties mirifiques pour découvrir la faune et la flore algériennes. Ah, si je pouvais rencontrer, une fois avant de clamser, une sittelle ! Il y a plein de grottes à découvrir pour les amateurs de la spéléologie. La grotte du macchabée, sur les hauteurs du Djurdjura, est une curiosité, qui peut attirer bon nombre de touristes. Il n'y a pas que ça, me dit mon double en mal de mélancolie. Puis, il n'y a pas de gîtes. Qu'est-ce que tu racontes ' Tu as une insolation ; vas te faire soigner. Je crois que oui ; j'ai un fusible qui a sauté, par cette chaleur à ne pas mettre dehors un pompier. Au fait, chapeau bas, Messieurs les Pompiers ! Recevez respectueusement mes remerciements pour le travail que vous faites.Que dire ' Prenons exemple sur le festival Raconte-Arts ! Autonome. Citoyen. Loin des feux de la rampe. Sans le sou. Sans protocole. Sans invitation sur carton bristol. Lieu où l'on réapprend à se connaître. Où l'on réapprend à être algérien. Sans pression. Au milieu d'un village. Culture villageoise, loin des oripeaux. Quatorze éditions, bravo Hacène. De l'ampleur. Attention à ne pas se faire déborder. Que Raconte-Arts ne connaisse pas le triste sort du Festival du film amazigh. De la spontanéité. De la culture populaire. Pourquoi pas un festival du même genre à Béni Snous ' A El-Oued ' A Ziama ' A Touggourt ' Pour la vraie réconciliation nationale !J'ai vraiment hâte que cet été prenne ses chaudrons, ses tisons, ses ventouses fumantes, et s'en aille dare-dare d'ici. Un peu de fraîcheur ! Un moment de répit ! Un interlude. Un entracte. Qu'on puisse respirer ! Heureusement que les Jeux de Londres ont agrémenté nos journées caniculaires. J'ai vu, émerveillé, Justin Gatlin, sifflé par un public so British, battre la légende Bolt, lui, tout souriant, heureux de partir «bronzé», pour une retraite dorée. Le 1 000 mètres hommes a été tout simplement époustouflant, où Mo Farrah (au fait, c'est Mohamed Farrah) a fait une course digne d'un extra-terrestre. Puis, j'ai suivi le feuilleton de la JSK (pauvre JSK !) qui se retrouve à Tunis avec trois entraîneurs, deux Algériens et un Italien. Rien que ça ! Bras de fer entre eux. L'Italien reprend sa valise et rentre chez lui. Décidément, la maison JSK est branlante ! Le feuilleton ne s'arrête pas là . Réunion des décideurs. Il est question de destituer l'inamovible président Hanachi. Destitution rime comme coup d'Etat, non ' Pourquoi pas ' Il y a bien eu un redressement révolutionnaire en juin 1965. Pourquoi pas un autre en août 2017 ' Pourquoi en arriver à cette extrémité ' Il y a des lois. Des règlements. Il y a un ministère des Sports. Il y a une fédération. Il y a des décideurs, que diable ! Comme si la JSK était orpheline de quelque chose ! Je suis triste devant une situation pareille ; surtout quand je pense au lustre de cette équipe. Et aux grands joueurs qu'elle a formés. J'ai vraiment hâte que cet été prenne le large. Et qu'on passe à autre chose. Un automne frais, si possible. Avec beaucoup de couleurs. Une brise qui câline. Un Premier ministre qui réussisse à mettre une limite entre l'argent et la politique.Des canadairs pour lutter contre les incendies dévastateurs. Un plan anti-incendie digne de ce nom. Une mer bleue turquoise sans parkingueurs. Des gîtes en montagne pour les mordus de l'altitude. Des festivals Raconte-Arts, un peu partout. Du sourire populaire. Un civisme digne de l'Ancêtre. Un gouvernement qui gouverne. Un syndicat qui syndique. La vérité officielle. L'alternance au pouvoir. De la culture. Des livres. Une université universelle. Allez-y, chers lecteurs, complétez la liste !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y M
Source : www.lesoirdalgerie.com