El-Oued - A la une

Relations algéro-françaises: Quand l'insolence s'érige en prestation



Le directeur de l'hébergement de l'hôtel ‘El Aurassi' a brillé jeudi dernier, par un comportement, particulièrement, insolent à l'égard de journalistes algériens.Ce sont des journalistes qui voulaient comprendre pourquoi n'avaient-ils pas accès à la salle de conférence ou même à la terrasse de l'hôtel, au même titre, que leurs confrères français. En sortant de « l'espace interdit aux Algériens », le directeur de l'hébergement a fermé une des portes d'entrée, donnant sur les ascenseurs où étaient regroupés les journalistes. ,« Pourquoi fermez-vous la porte, on n'a pas le droit d'entrer ' » interrogeons-nous. « Ce n'est pas moi qui a décidé (…), » a-t-il répondu. Mais qui l'a décidé ' « Je ne suis qu'un prestataire ! », a-t-il hurlé grossièrement. «Je vous ai donné de la considération en vous parlant (rani kadertek ki hdart maak !), » a-t-il lâché avant de s'engouffrer dans les escaliers, fier de « sa bravoure ».
L'hôtel ‘El Aurassi', faut-il le noter, a été réservé, gratuitement, à la presse française où des envois directs ont été faits, à partir de son hall, donnant sur la terrasse. Juste à côté, une salle de presse a été aménagée, exclusivement pour les journalistes français. Instruction a été donnée aux services de sécurité algériens de ne laisser entrer aucun journaliste algérien. Ne pouvaient entrer, dans ce large espace, que les journalistes badgés, par l'Elysée. Les journalistes algériens qui l'ont été, par la DSP (Direction de la sécurité présidentielle) ont été parqués devant les ascenseurs de l'hôtel, pendant de longues heures. La direction de l'hôtel ‘El Aurassi' a docilement répondu aux instructions pour fermer le plus de portes possibles aux journalistes algériens. Ce n'est pas la première fois que les Algériens, responsables, d'administrations, civils, en tenues, se mettent dans la peau du «colonisé» lorsque des responsables français viennent en Algérie. Lors de la visite de Chirac, au lendemain des inondations de Bab El Oued, les journalistes français avaient un bus, à leur disposition, qu'ils prenaient, à chaque fois que leur président quittait un lieu de visite. Les journalistes algériens avaient été obligés de courir des hauteurs de Bab el Oued jusqu'au quartier des ‘Trois horloges'. Maintenu depuis de longues années à ce poste, jamais le directeur de l'hébergement de l'hôtel ‘El Aurassi' n'a eu à brailler à la face d'un citoyen, en temps de conférence avec des officiels étrangers. Il l'a fait en présence des Français. Accompagné de 54 représentants de différents médias français, -en comptant avec les 10 qui n'avaient pas eu leur visa mais ont réussi à l'avoir, à la dernière minute-, Macron ne sera filmé par aucune caméra algérienne locale durant son bain de foule, à la rue Larbi Ben M'Hidi. Son équipe avait interdit la présence de cameramens ou photographes couvrant pour des médias nationaux. Ceux qui ont pu se faufiler au milieu de la foule l'ont fait avec leur portable. Le devoir d'un respect équitable et réciproque part, ainsi, à chaque fois, en éclats devant une présence officielle française, en Algérie. Lors de la conférence de presse de Macron, à l'hôtel ‘El Aurassi', des responsables algériens ont tenu à faire comprendre aux journalistes algériens que le micro ne peut leur être donné que si le président français le décide. «C'est leur conférence, on ne peut pas intervenir, ce sont eux qui gèrent,» ont-ils souligné sans sourciller…
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