
Certains de ces vendeurs se transforment en gardiens de «parkings sauvages» dans plusieurs quartiers de la capitale.A chaque mois de Ramadhan, c'est la même ambiance, le même décor, la même frénésie qui s'emparent des rues et ruelles. Les trottoirs sont squattés par de jeunes gens que l'on peut nommer «saisonniers», vu qu'ils ne s'adonnent à cet exercice que pendant le mois sacré. C'est la vente de produits alimentaires qui constitue l'activité la plus prisée par ces commerçants improvisés. Ces produits dont la date de péremption est proche, parfois même dépassée, sont «refilés» à un certain prix dit «étudié» par des commerçants véreux à ces jeunes sans emploi ni ressources stables, pour les revendre sur les trottoirs et partout ailleurs. Pourtant, le dispositif de contrôle du ministère du Commerce a été renforcé pour remédier à cette situation informelle devenue un fléau difficile à maîtriser ou à canaliser, vu les conséquences sociales pour le moins fâcheuses qui pourraient découler d'une telle action. En effet, malgré cet effort de régulation la situation reste hélas en l'état. Les métiers du Ramadhan, bien connus et attendus, refont leur apparition dès le premier jour de jeûne. De nos jours, ce ne sont plus les jeunes sans formation ou au chômage qui investissent cette activité. Même les bacheliers, les universitaires et parfois les fonctionnaires qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois, se reconvertissent en commerçants. Ils se lancent dans la vente de tous produits sans pour autant respecter les normes élémentaires d'hygiène et les délais de conservation ou de péremption.Tout y passe. Boureks, pains en tous genres et de toutes qualités, c'est-à-dire provenant de boulangeries ou de ménages, thon en conserve de fabrication parfois douteuse, produits laitiers et autres sont étalés sur des tables de fortune. Dans ce registre, il ne faut pas oublier le vendeur de «hachich», comprenons par là de coriandre, persil, de feuilles de menthe fraîche et de toutes autres herbes du terroir servant à donner un must aux mets du Ramadhan.Ces vendeurs occupent l'ex-rue de la Lyre (basse Casbah), le marché de Bab El Oued et autres artères populeuses d'Alger comme Belcourt ou Hussein-Dey pour ne citer que ces quelques points. Même le kalbelouz et la zlabia et autres gâteaux traditionnels sont exposés à l'air libre par ce temps caniculaire et poussiéreux de par les remontées d'air du Sud chargé de sable.Avec l'arrivée du Ramadhan, les petits métiers fleurissent un peu partout. Certains vendeurs, soutiens de familles, doivent s'adonner à cette activité pour aider le père à nourrir une ribambelle d'enfants. Parfois ce sont les mères, généralement des femmes au foyer, qui leur préparent les produits commercialisables pour faire des gâteaux ou préparer des plats spécifiques. Pensez aux «dioul, matlou', bradj, makrout...» et même des pois chiches trempés la veille. Enveloppés dans un grand sac en plastique ou dans un couffin, ces produits-maison sont vendus dans les marchés ou même proposés à des boulangeries, des restaurants ou des épiciers, tous en quête de plus de gain facile. Le pécule servira à renflouer le maigre salaire du père de famille. Il faut dire que les prix sont parfois bien inférieurs à ceux pratiqués dans les supérettes. D'où l'affluence des consommateurs auprès de ces vendeurs. Après la rupture du jeûne (iftar), certains de ces vendeurs se transforment en gardiens de «parkings sauvages» dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment devant les mosquées et quelquefois près des bouches de métro où les usagers rangent leurs voitures pour utiliser ce transport rapide. Ils essayent ainsi de gagner un «plus» afin d'aider la famille à faire face aux multiples achats indispensables à la préparation de la meïda (table) du mois de Ramadhan.Jeunes ou âgés, ces vendeurs occasionnels n'hésitent pas à s'adonner parallèlement à de petits boulots, pour peu que ceux-ci soient décents, du moins pour les plus âgés et qui leur permettent d'aider honnêtement à rendre leur vie meilleure.La dernière semaine précédant l'Aïd El Fitr verra un accroissement sensible de ces vendeurs, notamment de produits vestimentaires, de friandises, jouets et autres pacotilles de tout genre...surtout aux alentours des cimetières qui seront gorgés de monde venu se recueillir auprès des leurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim AMARNI
Source : www.lexpressiondz.com