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LE MOUVEMENT ASSOCIATIF ET L'APC ONT COMMEMORE LE 8e ANNIVERSAIRE DE SA MORT Le chanteur Brahim Izri «ressuscité»



Huit longues années après son décès à l'hôpital Hôtel Dieu de Paris (France), le chanteur Brahim Izri a eu droit, enfin, à une reconnaissance et un hommage de la part des siens à Beni Yenni où l'association culturelle Thalwith, en collaboration avec l'APC de Beni Yenni, à sa tête Smaïl Deghoul, fraîchement élu président, ont tenu à ressusciter «ne serait-ce que par un geste symbolique et un recueillement des plus modestes comme l'a toujours été l'artiste sa vie durant», a souligné le président de l'association organisatrice, Sami Cherrat.
Le président de l'APC a, lui aussi, déclaré, presque en s'excusant, que «la commémoration de cette année est intervenue juste à quelques semaines de notre installation, ce qui ne nous a pas permis de préparer un programme à la hauteur du mérite de cette icône de la chanson berbère et du combat démocratique et identitaire », avant de s'engager à «travailler à l'avenir et durant ce mandat avec le mouvement associatif local pour honorer la mémoire de toutes les personnalités culturelles de la région parce que ce sont elles notre histoire et notre espoir». Une commémoration marquée donc par le rituel de recueillement avec l'observation d'une minute de silence et le dépôt d'une gerbe de fleurs par le P/APC sur la tombe de Brahim Izri, à la zaouia de son grand-père L'hadj Belcacem où, d'ailleurs, l'artiste a été bercé très jeune encore par la musique et les chants de cette confrérie. C'est l'amour de cette musique, héritée d'ailleurs de son aïeul qui, dit-on, a été jusqu'à La Mecque en emportant comme bagage un violon, qui a vu Brahim, adolescent, fonder avec deux autres de ses camarades lycéens le groupe Igudar, au milieu des années 1970. Puis, il devient guitariste attitré du chanteur Idir avant d'entamer une carrière en solo au milieu des années 1980 en enregistrant ses premiers albums. En 1995, il sort l'album qui l'a fait propulser au devant de la scène artistique avec notamment les chansons Lbudalaet quelques reprises de ses anciens titres A yajuwaq, Inid-Inid et Chtudu-yi.Cette dernière a été d'ailleurs reprise par le chanteur Idir tout comme la chanson Tizi-Ouzou, chantée en 1999 avec Maxime Leforestier et le même Idir qui l'a reprise dans son album Identités. Brahim Izri est connu aussi pour ses actions humanitaires et la grandeur de son cœur qui feront de lui le frère et l'ami toujours présents dans les moments difficiles comme il l'a fait après le séisme de Boumerdès ou les inondations de Bab El Oued. Mais aussi, il a inscrit son nom en lettres d'or grâce à son engagement pour les causes justes et les combats pour la liberté de la femme et l'abrogation du code de la famille «Algérie, lectures de femmes», la démocratie, l'identité berbère et la culture en général et la paix et l'amour de la patrie pour lesquels il a d'ailleurs participé à la chorale « Algérie mon amour», sur invitation de son ami Bâaziz. Il se distinguera encore plus durant les évènements sanglants du Printemps noir de Kabylie en étant le seul chanteur kabyle a avoir réuni une pléiade d'artistes kabyles, arabes, français et israéliens pour la satisfaction de la plateforme d'El Kseur et demander la libération de tous les détenus des âarchs. Auteur, compositeur, interprète et musicien, Brahim Izri est décédé des suites d'une longue maladie le 3 décembre 2005 à l'hôpital Hôtel Dieu de Paris à l'âge de 51 ans (il est né le 12 janvier 1954) à moins de trente jours du décès d'un autre grand poète et dramaturge, nous avons nommé Mohia, son voisin du village Aït Eurbah. «C'est grâce à des hommes comme Idir, Mammeri et Brahim Izri que notre identité et notre langue ont survécu depuis plus de 3 000 ans, malgré toutes les invasions et colonisations qu'à connues notre terre Tamazgha. Nous leur devons toute notre existence», a conclu M. Neddaf Omar, élu à l'APC de Beni Yenni et ami d'enfance de Brahim Izri.
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