Les dernières intempéries du mois en cours, qui a vu par endroits les différents cours d'oueds de la capitale se transformer en véritables torrents, a provoqué des inondations non sans causer mort d'une personne, des sinistrés outre les nombreux dégâts, notamment sur ses versants où sont agglutinées des habitations précaires. Mais on semble ne pas retenir la leçon, en bravant Dame nature. On s'échine à construire dans le lit des cours d'eau asséchés, des abris de fortune, érigés en pisé ou en zinc, faisant fi des risques potentiels d'un oued, charriant quantités de graviers, de gadoue, d'éboulis, de rocailles et de bois. La rue d'El Oued de la Glacière ' qui porte bien son nom ' révèle la présence des galetas au bord du lit qui abrite la mouise de dizaines de familles depuis dix, quinze, voire vingt ans.
Le présent propos n'est pas de dire que ces malheureux sont des Algériens ou non, pour justifier d'un logement décent. C'est trop simpliste, car on feint d'oublier que la nature reprend tôt ou tard ses droits et qu'un oued dormant peut renouer à n'importe quel moment, de jour comme de nuit, avec son cours d'eau. On a beau dire et ressasser à l'envi les constructions de fortune sur les bords des oueds qu'installent les squatters, qui se montrent très peu regardants sur le danger qui les guette. L'image du grondement des eaux du 10 novembre 2001 sur le parcours Chevalley-Bab El Oued est toujours présente dans nos esprits au même titre que celle récente du sud-ouest du pays. Mais on ne semble pas tirer de leçon.
Dans la foulée, il n'est pas malaisé de relever, au risque de nous répéter que, selon un cadre responsable du département de l'hydraulique, que pratiquement tous les cours d'eau de la wilaya d'Alger sont partiellement occupés ' en amont et en aval ' par des pensionnaires qui, croyant se prémunir contre une éventuelle furie des eaux, érigent leurs constructions en dur. Les exemples ne sont pas rares. Une virée du côté ouest de la capitale, précisément le long des oued Zghra, oued Beauséjour, oued Sidi El Kebir, les Oiseaux (La Vigie) et oued des Deux-Moulins, nous édifie sur la menace permanente qui pèse sur les «indus locataires» qui n'en ont cure d'un cours d'eau lorsqu'il gonfle, balayant les favelas sans prévenir... Alors, serait-ce de l'aventurisme, un défi ou juste pour mettre devant le fait accompli les autorités ' Des autorités qui daignent fermer l''il sur des zones de servitude à hauts risques'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Tchoubane
Source : www.elwatan.com