El-Oued - A la une

GRANDEUR ET DECADENCE



GRANDEUR ET DECADENCE
L'enfant de Ath Lahcen vient d'éditer son dernier album. Onze chansons composent ce dernier opus où Idir s'est fait plaisir à reprendre des titres qui ont bercé son adolescence. On peut écouter La Bohême de Charles Aznavour, La Corrida de Francis Cabrel, Les Matins d'hiver de Gérard Lenormand. Idir a avoué avoir aimé chanter des duos avec des chanteurs anglais et irlandais. Il cite nommément Cat Stevens, alias Youcef Islam.Le nouveau CD se laisse écouter la première fois par effet surprise sans doute, mais rapidement finit pas lasser par manque d'originalité, par absence de couleurs. Franchement, que peut apporter le pauvre Idir à un classique chanté dans plusieurs langues. Oui que peut-il apporter de plus qui va rester dans l'éternité à «La Bôhème»' rien. Absolument rien. Rien ne passe, tout est lisse, sans relief et sans émotion.Idir a été très mal inspiré, cela fait déjà des années qu'il peine à produire de nouvelles chansons, alors, il s'essaye dans de nouveaux genres et styles musicaux, notamment le rap. C'était déjà un signe d'essoufflement d'un artiste qui s'est trop éloigné de sa source et de sa sève. L'artiste perd pied et perd ses repères. Ath Lahcène est si loin et l'Algérie a cessé de l'inspirer. Il est difficile de se construire ailleurs, sans son public, sans cette complicité, sans cette communion qui vous rajeunit et qui vous donne des ailes et des clés pour des mélodies qui chantent la vie, l'amour, la tradition et le pays. Le cinéaste Merzak Allouache s'inspire toujours des histoires qui se passent en Algérie. Lui, il aime planter sa caméra à Bab-El-Oued et laisse son inspiration le guider le long du boulevard Pitolet. Les images alors défilent avec comme illustration musicale du chaâbi. Un autre cinéaste, Mohamed Lakhdar Hamina avoue ne savoir raconter que des histoires qui se déroulent dans les grands espaces désertiques. Pour lui, c'est «La Dernière image», «Le Vent du Sud», «Le Vent des Aurès» et «Chronique des années de braise», Palme d'or du festival de Cannes en 1975.Celui qui se dit incapable d'aller chanter dans un pays où «on aime mes chansons mais pas ma langue», se retrouve ainsi à la croisée des chemins, ne sachant plus ce qu'il y a lieu de faire dans le domaine de la chanson. Les artistes se posent finalement beaucoup de questions auxquelles ils n'ont pas de réponses mais c'est ainsi qu'ils vivent et qu'ils quêtent la moindre source d'inspiration pour s'inscrire dans le registre du nouveau.La fin sonne-t-elle pour Idir' Il aura réussi un parcours exceptionnel sur tous les plans: artistique et politique. Idir a été d'une constance avérée. Il a ouvert le bal du renouveau de la chanson berbère avec «Vava Inouva», un succès planétaire, reprise en plusieurs langues et puis des tournées et des rencontres et l'expérience aidant, Idir compose de nouveaux titres «Assendou» «Izguer» «Al Khirinu». Ces CD créaient à chaque fois l'événement. Et c'est l'événement musical que personne ne veut rater en aucun cas, mais la séparation est là, l'éloignement aussi. Les gens ont fini par partager avec lui la nostalgie des temps anciens et du temps qui passe, pas plus. Idir fait partie des légendes, c'est une fierté nationale. Les années ont préservé son excellent et succulent répertoire et c'est déjà l'essentiel.
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