Au lendemain de la levée progressive et graduelle des mesures de déconfinement et la réouverture sous conditions des plages, restaurants, cafés, hôtels et aires de loisirs, le quartier de Bab-el-Oued retrouve, peu à peu, son animation d'antan. À l'image de l'ambiance qui règne dans les rues et ruelles, en passant par la mythique place des Trois-Horloges. Mais c'est la plage El-Kettani qui accueille grand monde après sa fermeture au début de l'été, puisqu'elle a été placée sous contrôle policier par mesures préventives contre la propagation du coronavirus.Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - Bab-el-Oued est l'un des plus populaires quartiers d'Alger où l'on voit la mer à chaque bout de ruelle. Hier lundi, dès la matinée, tous les quartiers, dont la mythique place des Trois-Horloges, pullulaient de passants. Tous les commerces sont ouverts, mais ce qui est à remarquer c'est que les mesures sanitaires préventives contre la propagation du Covid-19 ne sont pas scrupuleusement respectées, à l'image du port du masque de protection qui est rarement visible, ou encore ce fait que, devant les étals et dans certains commerces, les citoyens sont collés les uns aux autres. Les marchés quotidiens accueillent bon nombre de clients, à l'exception du marché historique Saïd-Touati.
Le mythique marché a été démoli par les services de la Wilaya d'Alger car il constituait, depuis des années, un véritable point noir, suscitant moult désagréments tant pour les riverains que pour les automobilistes. Le marché, situé au coeur du quartier populaire de Bab-el-Oued, un vestige qui date de l'époque coloniale, a été classé rouge par l'expertise technique, car impacté par le séisme du 1er août 2014. Mais non loin, rues Ahmed-Bouder et Mohamed-Cherif, des étals à ciel ouvert de légumes et fruits sont exposés et bloquent, par endroits, la circulation. La vie suit son cours comme si elle s'adapte à l'évolution de la pandémie, donnant ainsi l'impression que le Covid-19 ne concerne pas ces quartiers.
Par la rue de Bab-el-Oued, dans la Basse-Casbah, on va directement vers le café Malakoff qui vient de rouvrir ses portes au public. Il n'y a pas grand monde dans ce café maure de la Basse-Casbah et mythique du Vieil Alger. Ici se donnaient rendez-vous chaque soir des noms illustres du chaâbi. À l'intérieur, des photos de chanteurs célèbres jaunies par le temps, des objets souvenirs sont collés aux murs, et des images d'Alger du début du siècle sont exposées. Selon son propriétaire, ce lieu n'est plus qu'un simple café. Il nous fait savoir que ce café emblématique, qui était fermé et abandonné depuis plusieurs années, a vu défiler d'illustres noms de la chanson chaâbie. À première vue, ce symbole de la culture algéroise, implanté au milieu des quartiers aux murs décrépis, un lieu chargé de souvenirs et d'histoires du Vieil Alger, faisant partie du décor de la cité, n'attire plus l'attention, nous révèle un natif de Bab-el-Oued. Non loin, un autre repère de l'histoire de l'un des quartiers populaires d'Alger, c'est le cinéma l'Atlas.
Plus en bas, c'est la plage El-Kettani de Bab-el-Oued. Vers midi, les estivants ont déjà pris d'assaut la rive. Il y avait grande foule hier et, à certains endroits, la distanciation sociale entre les personnes n'était pas de rigueur, pourtant l'une des mesures préventives contre la propagation de l'épidémie du coronavirus. Alors que pour le cas du masque de protection, son port n'est pas généralisé.
Un baigneur rencontré nous avoue que la chaleur étouffante du mois d'août «nous oblige à s'en défaire». Il est vrai qu'à cette heure de la journée, sous le soleil tapant de midi, l'application à la règle de cette mesure est loin d'être une sinécure. Cependant, il a été constaté, hier au troisième jour de retour aux plages, devant la présence policière, que l'application de la distanciation entre les parasols était scrupuleusement respectée. La présence des agents de la Protection civile est aussi visible. Un autre estivant argue que le respect des règles barrières est une affaire personnelle, et que «tout un chacun est responsable de sa propre santé et de celle des siens». Autant dire que la sérénité est de mise, même si chacun s'adonne pleinement aux plaisirs de la mer après la délivrance de plusieurs jours d'enfermement.
En somme, l'ambiance des retrouvailles avec la grande bleue reflète le sentiment de soulagement des citoyens au lendemain de l'application de la décision de réouverture des plages, à quelques jours de la clôture de la saison estivale.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelhalim Benyellès
Source : www.lesoirdalgerie.com