
Aujourd'hui, on assiste à un retour graduel de la désertification qui a presque repris les espaces qui lui ont été arrachés, à l'instar des communes de Mehara, Tousmouline et Bougtob.Coïncidant avec la date du 17 juin de chaque année, la Journée mondiale de lutte contre la désertification est en phase de devenir un événement folklorisé qu'il faudrait célébrer chaque année, une manière de faire croire que le risque est désormais loin derrière.Ce constat fait par des scientifiques de passage à El-Bayadh, en début de semaine, renseigne, si besoin est, sur l'inquiétude des experts quant à l'absence de mesures d'accompagnement concrètes en matière de stratégies de lutte contre la désertification. À cet effet, les seuls bilans qui semblent constituer une référence dans le domaine, ce sont les centaines d'opérations réalisées durant les deux dernières décennies où des millions d'hectares de terres de parcours ont été récupérés. À El- Bayadh, la région du pays la plus touchée par ce phénomène, les différentes stratégies de lutte pour la restauration des espaces dégradés ont pu restituer plus de 20% des 5 millions d'hectares de terres affectées par le phénomène de la désertification, avec en sus la régénération d'une nappe d'alfa estimée à 120 000 hectares, après avoir été pourtant une véritable fierté de la région durant les années 1960. Aujourd'hui, on assiste à un retour graduel de la désertification qui a presque repris les espaces qui lui ont été arrachés, à l'instar des communes de Mehara, Tousmouline et Bougtob, communes situées pourtant au nord de la wilaya, nous dira un cadre du Haut-commissariat au développement de la steppe. Des experts, comme M. Aidoud ou Mme Slimani, n'ont cessé d'alerter les pouvoirs publics quant au risque irréversible du retour du phénomène, surtout que sur le plan pluviométrique rien n'augure de bon, selon eux. Aussi, des chercheurs des universités d'Oran, de Tiaret et de Chlef, qui se sont rencontrés récemment à El-Bayard dans le cadre d'une journée d'étude organisée à cet effet, ont relevé le même constat, et ils sont même allés à dire que le pire ne serait pas évité si aucune mesure n'est prise sérieusement dans le domaine de la lutte contre la désertification. Pour eux, il ne s'agit pas uniquement de désigner des acteurs mais surtout leur donner les outils nécessaires pouvant à même jouer pleinement le rôle d'agent de développement, seul gage, selon eux, capable de rendre toute stratégie efficace. Du côté de l'administration locale, aucune voix n'est capable de s'exprimer autrement que de nous renvoyer aux différents bilans, à l'instar de certains cadres du secteur de l'agriculture et des forêts qui pensent que l'avenir serait incertain, notamment, devant la situation financière du pays où les priorités semblent échapper au bon sens.A. Moussa
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Moussa
Source : www.liberte-algerie.com