Réalité - Nombre d'artistes notamment ceux de l'arrière-pays, font l'objet d'un total black-out.
Ces plasticiens et plasticiennes qui 'uvrent dans l'anonymat, ne sont pas connus du grand public et ce, en raison d'un manque d'infrastructures ' galeries et autres espaces d'exposition ' leur permettant une plus grande visibilité.
C'est ainsi que Narriman-Zehor Sadouni, plasticienne et critique d'art, regrette que de nombreux artistes talentueux et créatifs manquent de visibilité auprès du grand public.
«Le territoire entier recèle un nombre considérable de créateurs de talent, j'en ai rencontré quelques-uns lors de mes pérégrinations mais ils manquent de visibilité faute d'espaces d'exposition. Nous avons si peu de galeries et presque pas hors de la capitale...», déplore-t-elle.
Narriman-Zehor Sadouni estime que pour que l'artiste soit accessible à un public, il faut des lieux appropriés qui nécessitent un personnel approprié.
«La fonction de galeriste est plus sociale que commerciale, nous ne l'avons pas encore compris et nous nous rabattons sur nos artistes propulsés par des instituts culturels étrangers implantés à Alger et sur ceux qui vivent sous d'autres cieux», déplore-t-elle, et d'abonder : «L'artiste de Timimoun, Tamanrasset, Béchar, Djelfa... s'exprime, crée, produit et nous n'en parlons jamais.»
Si pour certains l'on assiste depuis quelques années à une stagnation dans la création ' et même dans la production ' plastique et esthétique, Narriman-Zehor Sadouni soutient le contraire. «L'art ne stagne jamais», affirme-t-elle, et de renchérir : «L'artiste est en constante activité cérébrale, la production n'est pas une question de temps. L''uvre plastique n'exprime pas à elle seule un résultat d'effort de création et enfin l'esthétique n'est plus une préoccupation dominante dans la construction d'une 'uvre. Au final, nous ne connaissons pas tous nos artistes et ne sont visibles que ceux qui sont appelés à participer à des expositions.»
Ainsi, pour revenir au constat formulé par certains, à savoir qu'il y a une stagnation dans la création ' et même dans la production ' plastique et esthétique, pour Narriman-Zehor Sadouni : «Il est possible que l'art des zones urbaines stagne et se recherche parmi toutes les influences du confort technologique, mais celui des zones rurales, je peux l'assurer, il progresse sous le poids de notre indifférence...»
Dans un monde en ébullition continue, l'art s'écrit au quotidien, et dans cette réalité toujours constante, l'Algérie ne peut y échapper. D'où la question : où en est-on '
«L'art en Algérie s'écrit chaque jour par le commun des scribes des temps modernes faute d'intérêt porté par l'éducation nationale et l'enseignement supérieur, à l'histoire de l'art en Algérie. Peu nombreux sont ceux qui font un travail de fond dans ce domaine.»
- On peut citer les rares spécialistes avertis, à l'exemple de Malika Bouabdellah et Mohammed Djehiche qui, selon Narriman-Zehor Sadouni, «depuis des années ne cessent de défendre l'écriture de l'histoire de l'art en s'appliquant à contribuer par leurs recherches et leur vulgarisation de l'art algérien à l'échelle mondiale et à affirmer l'existence d'un art algérien composé d'une multitude d'influences orientales et occidentales». «La température de l'art en général varie en fonction de l'intérêt qui lui est porté et du marché suscité», reprend-elle, et de poursuivre : «Malgré les festivals, les manifestations culturelles, les rencontres nationales et internationales, le marché de l'art est inexistant en Algérie. Des prémices s'annonçaient au début des années 80, mais en vain...» Narriman-Zehor Sadouni estime toutefois que l'art algérien est parvenu depuis deux décennies à se faire connaître et reconnaître au-delà des frontières. «Il devient original, à la fois authentique et ouvert aux décryptages universels. Les critiques y trouvent à la fois l'originalité géographique et la tendance des temps actuels. Il me semble que ce phénomène est généralisé sur tout le continent africain. L'art algérien se porte bien et l'artiste assume pleinement les derniers moments de sa convalescence», explique-t-elle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com