
Le plan d'urgence et l'expertise destinés au réaménagement adéquat de la nouvelle ville Ali-Mendjelli somnolent. Les tares cumulées depuis des années au niveau de ce qu'aurait été cette cité annexe de Constantine n'ont pas été traitées malgré les multiples promesses et visites effectuées sur place par les ministres qui se sont succédé à la tête des secteurs de l'aménagement du territoire et de l'habitat. Tous les responsables sont unanimes pour reconnaître les tares urbanistiques au niveau de cette localité qui s'apprête à atteindre en 2015 les 400 000 habitants. Il y a une disproportion entre l'outil urbanistique et celui de l'accompagnement en ce qui concerne les infrastructures toutescatégories confondues, y compris les espaces dédiés à la verdure. «C'est la bêtise urbanistique jamais commise auparavant au niveau de cette wilaya. Aucune perspective de départ n'a été établie selon les bonnes règles en matière d'habitat. L'urgence aura généré une cité décousue et dépourvue d'un cadre de vie adéquat qui aurait donné à Ali-Mendjeli sa juste valeur», souligne un architecte, qui n'a pas pris part à cette urbanisation empressée. Le constat est consigné et est même sur la table du ministre de l'Habitat, M. Tebboune, qui a certifié lors de son dernier passage à Constantine que son département prévoit de faire appel à des experts étrangers aux côtés de ceux nationaux pour apporter des solutions aux défaillances de la nouvelle ville. Néanmoins, une question reste posée sur l'avancement du premier plan d'urgence arrêté pour cette localité, pour lequel les responsables ont fixé un budget colossal de 38 milliards de dinars et dont les premières livraisons devaient avoir lieu la fin de l'année écoulée. Les équipements de proximité ont été implantés sans réflexion et dispatchés loin des unités de voisinage, rendant la tâche difficile aux riverains. «On a mis la charrue avant les b?ufs. C'est après des milliers de réalisations (habitat notamment) que les gestionnaires, devant la démographie galopante, se sont rendus à l'évidence de leur bévue de départ. La planification était caduque, ce qui a donné à cette nouvelle ville une configuration sans âme et sans commodité. La course des opérateurs vers la construction des bâtiments de peur de rater le coche a prédominé les outils urbanistiques», témoigne un habitant. Soucieux des imperfections urbanistiques, le ministère a amorcé autant de chantiers dont la mission est de contrecarrer toute anarchie aux abords des cités nouvelles. Du moins pour le cas de Constantine, les appels d'offres pour enclencher le plan d'urgence ne se sont pas encore manifestés en leur totalité pour réparer «cette catastrophe urbanistique», comme l'a qualifiée M. Amara Benyounès lorsqu'il détenait en 2012 le département de l'aménagement du territoire, de l'environnement et de la ville. Une mise à niveau qui n'est pas perceptible pour la majorité des citoyens. «On voit des constructions, des chantiers, mais le vrai visage de la nouvelle ville censé jouer le reflet de Constantine ou de la ville moderne n'est pas manifeste après plusieurs promesses assorties de mannes importantes», estiment quelques citoyens. La mise à niveau demeure une tâche ardue devant le flux incessant des relogements pressants. Les injonctions émises sur des livraisons justifiées par des mesures d'accompagnements se sont parfois heurtées à des «exigences» et mesures d'exception. Autrement dit, les listes interminables des demandeurs delogement et leur inquiétude de se caser sans trop de retard ont fait que lesresponsables parent au plus pressé pour éviter la cohue au détriment du cadre de vie et des équipements réalisés souvent en décalage. Il faut rappeler que la seconde tranche de mise à niveau de la nouvelle ville a nécessité une coquette somme de 26 milliards de dinars. Un budget énorme pour des résultats toujours pas toujours heureux aux quatre coins de ce nouveau Constantine qui accueille le plus grand pôle universitaire d'Afrique. À vrai dire, la première mise à niveau n'a pas échappé à la précipitation. Et cette seconde phase presque terminale pour assurer de bonnes connexions infrastructurelles et de proximité risque de ne pas déroger à la règle : accélérer la cadence au prix fort, mais à la piètre qualité des ?uvres. Ayant bénéficié d'une latitude exemplaire, dès lors que ces opérations ne sont astreintes à aucune réévaluation car entrant dans un cadre complémentaire, la nouvelle ville Ali-Mendjeli espère redorer son image toujours terne. Les experts pourront-ils incessamment consigner la nouvelle feuille de route afin de permettre à cette ville de répondre du moins à la moitié des normes urbanistiques 'N. H.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nasser Hannachi
Source : www.latribune-online.com