De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Les familles et proches des deux enfants assassinées la semaine écoulée dénoncent la manipulation et mettent en garde contre toute exploitation de leur malheur à des fins politiciennes. Mais la mise en garde de ces dernières n'a pas semblé dissuader les auteurs d'un tract appelant à une journée de deuil et un arrêt général de toutes les activités commerciales, puisque l'ensemble des villes de la wilaya ont pratiquement été paralysées au cours de la journée d'hier.
Pis, même les établissements scolaires après avoir admis les écoliers ont rouvert leurs portes et renvoyés les enfants chez eux, une réaction vite adoptée par l'administration publique, dont les travailleurs quitteront les lieux au mépris de tout sens des responsabilités, prenant prétexte du drame vécu par deux familles pour s'accorder une journée de repos supplémentaire. Ceci étant, aux premières heures de la journée nombreux étaient les commerces qui ne «sentaient» pas la netteté du tract évoqué qui ont rouvert pour se raviser néanmoins quelques moments plus tard, craignant notamment des «représailles» de cohortes de jeunes qui avaient décidé de «marcher» sans pour autant obtenir l'adhésion du reste de la population. Plus à raison qu'à tort ne serait ce que pour les objets hétéroclites (pieux de parasols, manche de pioche, barre de fer) que ces derniers exhibaient et les slogans hostiles et obscènes proférés. Soulignons que selon les informations que nous avons obtenues auprès de témoins oculaires présents sur les lieux, ce serait notamment les tribunaux qui auraient constitué le lieu de regroupement de prédilection des bandes de jeunes qui, vraisemblablement, cherchaient plus à en découdre qu'à témoigner leur compassion au malheur des familles concernées.
Les buralistes qui, en raison de leur activité spécifique, sont restés les plus longtemps ouverts ont cependant très vite déchanté sous la menace des manifestants et choisi, par conséquent, de s'aligner sur le mot d'ordre lancé dans le dazibao. L'absence des éléments du service d'ordre était plus que palpable et tout autant étrange quoique selon la rue, ces derniers seraient présents en nombre sauf qu'ils ne se singularisent pas par leur tenue habituelle. Dans tout cela, exception faite donc de la fermeture des commerces et l'anarchie générale qui a régné dans les rangs des établissements administratifs ou encore la panique chez les automobilistes, qui craignaient pour leur véhicule à chaque fois qu'ils croisaient des bandes éparses sur leur parcours, le respect dû aux deux victimes n'a pas du tout été respecté. Mais aurait-il pu en être autrement dans une société totalement déstructurée, sans repères et sans aucune relation avec les traditions locales, les valeurs sociales et humaines.
En conclusion, il y a absolue nécessité de s'interroger sur l'origine du tract mais également sur la passivité et la permissivité des institutions de l'Etat, dont la toute puissance est plus que remise en cause'désormais ignorée, voire allègrement défiée par le premier venu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com