Peu d'Algériens le savent : c'est à Siga, à quelques encablures de Béni Saf, et non ailleurs, que remontent les premiers chapitres du roman national.«Certains font un forcing éhonté pour le faire coïncider avec le règne de Massinissa, au point qu'il est devenu politiquement incorrect de citer Syphax, certaines institutions censées valoriser notre patrimoine historique n'ont de référence que pour Massinissa et Jughurta. Pourtant, aucun historien n'a validé sa prééminence sur Syphax», fulmine ce cadre du secteur de la culture, qui préfère garder l'anonymat.La controverse s'est amplifiée, d'autant qu'à travers quelques productions à la faveur de Constantine, capitale de la culture arabe 2015, le théâtre s'est, lui aussi, ingénié à dévaloriser la stature de Syphax par rapport à Massinissa. De la sorte, de passage à Témouchent, une association a proposé au ministre de la Culture de réconcilier Syphax et Massinissa. Et fait révélateur du malaise, M. Mihoubi n'a pas manqué d'appeler à cette réconciliation lors de la clôture de la manifestation dédiée à Constantine, qui fut, elle aussi, capitale de Syphax.Car la Numidie massaesyle, à la tête de laquelle était Syphax, allait de la Moulouya jusqu'au-delà de Cirta, soit les trois quarts de la Numidie. Son Etat était à ce point puissant qu'il a été le premier à fonder une monnaie. Ses pièces, à l'effigie de Syphax, se déterrent dès qu'il pleut violemment sur le lieudit Takembrit. Car, c'est sous l'épais tumulus qui couvre cette colline et sa voisine que gît Siga.Les fouilles engagées à l'époque coloniale affirment l'existence de vestiges d'une ville romaine aux niveaux supérieur et inférieur à ceux de la ville numide. Après la déportation de Syphax par ses vainqueurs, les Romains, à l'issue de la deuxième guerre punique, Siga demeure une importante cité. Quatre siècles plus tard, vers 218/222, elle est habitée par une population estimée à 8000 âmes. Mais 400 autres années après, Siga est victime d'un pillage qui entraîne sa désolation.Elle reprend vie sous le nom de Archegoul, après l'arrivée de l'islam. A partir du Xe siècle, elle pâtit des luttes que se livrent les Fatimides et les Omeyyades, puis les Almoravides et les Almohades. Tlemcen avait alors gagné préséance sur elle après qu'Idriss 1er en eut pris possession en 789 et qu'il installa un caïd à la tête d'Archegoul. Alors, à quand des fouilles à Siga pour exhumer les traces du passé et relativiser les récits du colonisateur romain, qui a écrit une tendancieuse histoire à sa gloire et au détriment de la nôtre '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com