De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
L'ambiance d'ouverture mardi soir au théâtre de Constantine était teintée de flamenco et d'un cocktail arabo-andalou. Elle a trouvé des appréciations distinctes chez les mélomanes présents. Mais le pont a été rétabli avec Salim Fergani qui a mis le festival sur la bonne clé.
Pour deux «andalousies», il n'y en avait pas une ! Le Festival international du malouf a versé dans une ambiance d'amateurisme et de folklore lors de son avant-dernière soirée, mardi dernier. On était assez loin du flamenco et encore plus du thème du jour, soit le malouf. Le plat du jour était à la limite de la digestion musicale. Plutôt un intermezzo. La troupe El Andaloussiatane, venue de France, et qui compte une pléiade de danseuses et d'instrumentistes (Maroc, France, Iraq) dont le chef d'orchestre, joueur à l'oud et à la guitare, Marc Lopet, se sera détourné de la vocation du festival international en interprétant des airs qu'on verrait plus autour d'un feu de camp que dans une manifestation dédiée au malouf. Certes, il y avait de l'ambiance avec les danseuses, au grand bonheur des présents, mais le chaâbi algérois et le flamenco dans leurs façons les plus basiques retentissaient modestement. Le groupe a investi un répertoire très vaste mais sans ressortir une expression musicale ou une prouesse instrumentale. La fusion des danses arabes avec les claquettes du flamenco se substituait à la création musicale, voire à un essai de fusion. Syncope ! «Franchement, c'est du n'importe quoi», dira un puriste. Chant et danse flamenco, soleares étaient toutefois interprétés avec un léger zest de guitare flamenca qui mettait en avant la longiligne danseuse. Ce sera la note sensible et dominante du show.La suite de la soirée sera l''uvre de Salim Fergani qui permettra à la manifestation de recouvrer son «identité». Un silence de cathédrale régnait dans l'odéon dès les premières notes d'un istikhbar au luth. Vêtu d'un habit traditionnel, ce qui donnait de l'élégance non seulement au chanteur mais à la manifestation, Fergani exécutera trois m'çadar, une suite betaihi et zedjel. Chaque partie exécutée est fortement applaudie par des mélomanes venus en nombre à l'occasion. Ce qui vient confirmer que le festival se doit une authenticité fidèle à son existence pour demeurer toujours attractif. Encore faudra-t-il puiser pour lui accorder une perspective, un thème. Bref savoir ce que l'on cherche à travers chaque édition. Du moins la présente (5ème) semble d'ores et déjà avoir pris quelques rides qu'il faut vite déplisser pour ne pas tomber dans les exécutions musicales dépourvues de recherche, de musicalité'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com