
Vous l'avez connu, vous l'avez aimé, ils l'ont tué. Rabah est mort, terrassé par un AVC qui le guettait depuis des mois.Un accident vasculaire cérébral prémédité. Un oxymore' Non. Rabah n'avait que 50 ans, trop jeune pour mourir de vieillesse ou de quelque saloperie. Ce sont des circonstances criminelles qui l'ont mis six pieds sous terre. Des esprits diaboliques qui ont abusé de sa gentillesse pour le travailler jusqu'à l'usure et affaiblir ses nerfs, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Rabah, Lazhar pour ses intimes, le Senfour aimé par tous. Rabah est victime de cette maudite année 2015 qui, au lieu de remettre Constantine sur la voie du progrès, a précipité sa décadence.Cette maudite manifestation de 2015 qui n'en finit pas de désintégrer le Rocher, quels ont été ses exploits ' Voici reproduit, le commentaire poignant d'un proche du défunt : «Rabah Zemouli, fils de Constantine, père de six filles, patron d'une entreprise de transport, mort à l'instant ? pardon, assassiné par les grands voleurs, les bêtes humaines. Rabah a travaillé toute l'année, mais n'a pas reçu son dû, sa tension artérielle est montée à cause de la pression de ses associés qui demandaient leur part, il a résisté avant de s'effondrer? ainsi a implosé l'un de ceux nombreux qui ont donné toute leur énergie à une Capitale que les débauchés ont voulu jeter parmi la lie des cités, dans les poubelles de l'Histoire, ceux-là ils ne boivent pas la sueur des gens, ils sucent leur sang? ils ont divisé les artistes, les responsables, les écrivains, les journalistes? le rocher prendra sa revanche sur vous, oh fils et petits-fils de harkis».La toile s'est parée par des témoignages pareils à l'annonce de la triste nouvelle. Une autre internaute en parle : «Un gentil monsieur qui avait toujours quelque chose de gentil à dire et qui, malgré les bâtons qu'on lui mettait sans cesse dans les roues, bossait comme un dingue tout le temps. (Rabah, ta chaude et ferme poignée de main manquera à beaucoup d'entre nous. Encore un Bon qui part trop tôt et laisse derrière lui une famille meurtrie...». Et pas seulement sa petite famille. Hier, des centaines de personnes étaient venues l'accompagner à sa dernière demeure.Des parents, des amis, des hommes de culture et de sport, le CSC particulièrement. Il y avait un étrange mélange de tristesse, de colère et d'humilité. Le sentiment que Rabah avait été sacrifié pour rien. Enième meurtrissure sur la peau fanée de cette ville. Quel gâchis !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouri Nesrouche
Source : www.elwatan.com