
img src="http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P161017-18.jpg" alt=""On doit s'approprier cette date"" /Dans cette interview express, l'un des piliers de la «bataille de France», Moh Clichy, analyse les enjeux de celle-ci et décline les résultats probants auxquels elle a abouti.L'Expression: Comment a germé l'idée de «la bataille de France» au sein de la Fédération de France du FLN'Mohamed Ghafir: Quand la révolution algérienne a été engagée le 1er novembre 1954 en Algérie, on a installé les premières cellules du FLN en France. L'émigration a commencé à se structurer sur le sol français. Après est venu le congrès de la Soumam le 20 Août 1956. Lors de ce congrès, une décision a été prise et la Fédération de France du FLN a reçu une instruction pour s'organiser et se préparer pour engager un front armé en France dans le cas où ce pays s'entêterait encore à refuser l'indépendance de l'Algérie. Après la grève de huit jours de janvier 1957, Abane Ramdane a désigné Omar Boudaoud à la tête de la Fédération de France du FLN pour superviser les actions du FLN sur le sol français. Il lui a donné des ordres pour préparer le bras du FLN à transporter la guerre sur le sol de la France au moment opportun. De ce fait, environ 150 fidayine ont été envoyés en Allemagne et au Maroc pour se former. De retour en milieu de l'année 1958 en France, De Gaulle étant revenu au pouvoir en juin de la même année et réaffirmant son attachement indéfectible à «l'Algérie française», la décision a été prise d'entamer des actions armées sur le sol de l'ennemi.Comment est venue l'idée d'organiser une marche pacifique dans une ambiance ainsi marquée par des actions armées'Le second front armé a été engagé en 1958 et la marche du 17 Octobre trois ans après. Entre les deux dates, il y a eu un couvre-feu sur tout le territoire français. Et pour marquer notre présence sur le sol français et mettre la pression sur l'ennemi, on a multiplié nos actions armées et nous avons ciblé, notamment le pétrole. Il fallait brûler le pétrole là où il était. A Mourepiane, la plus grande raffinerie de France, qui abrite 130.000 m3 de pétrole, a été incendiée le 25 août 1958. Neuf autres raffineries ont été également enflammées à la même heure. Face à nos actions, De Gaulle était acculé, la guerre étant désormais à ses portes. Papon, qui était à Constantine et qu'y avait fait ses preuves, a été appelé pour endiguer nos actions armées. Ils ont alors décrété le premier couvre-feu le 1er septembre 1958 pour les Algériens. Mais nous n'en avions pas tenu compte et nous sommes sortis. Cette décision n'a pas été sans conséquence puisque il y a eu des morts et des blessés. Même des Latino-Américains ont été tués dans ce sillage pour le simple fait qu'ils sont de même teint que nous. Ce faisant, les Français ont dévoilé leur mauvaise foi. En 1959, ils ont fait venir 500 harkis d'Algérie pour discréditer notre mouvement et nos actions vis-à-vis de l'opinion. Mais nos actions ont continué. En 1960, De Gaulle a été contraint de parler d'autodétermination» et il a évacué définitivement l'expression «Algérie française» de son langage. En 1961, le 15 janvier, l'OAS a été créée à Madrid pour contrer la politique de De Gaulle. De notre côté, nous n'avions pas renoncé à notre démarche, mais cette année-là a été meurtrière pour nous. Trop de morts. De Gaulle avait le FLN et l'OAS et les pieds-noirs contre lui, il ne savait plus où donner de la tête. Le mois d'octobre 1961, le gouvernement français s'est réuni spécialement pour parler de la Fédération de France du FLN et de la position à adopter à son encontre. A l'issue de cette réunion, un deuxième couvre-feu a été décrété le 06 octobre. Nous avons alors contacté nos responsables, notamment le Gpra. C'est ainsi que l'organisation d'une marche pacifique à Paris a été retenue pour le 17 octobre 1961.Depuis 2001, un processus de reconnaissance officielle du massacre du 17 Octobre est enclenché en France, notamment l'ex-maire de Paris, Bertrand Delanoë qui a fait placer une plaque commémorative de ce drame sur le pont Saint Michel. François Hollande lui aussi a déclaré en 2012 qu'il s'agit «d'une répression sanglante». Qu'en pensez-vous'En ce qui me concerne, du moment que cet événement a été reconnu officiellement et d'une manière très claire puisqu'il est dit que la République «reconnaît avec lucidité», donc consciemment, cela ouvre la porte à autre chose. Tout ceci est louable. Je remercie Delanoë qui a eu le courage en 2001 de faire poser une plaque, la première, sur le pont Saint-Michel. Le texte de sa plaque a même été repris dans le communiqué de François Hollande en 2012 qui a parlé de «sanglante répression». Maintenant, est-ce que nous, Algériens, au niveau du pouvoir, on reconnaît comme il se doit le 17 Octobre 1961' Vous allez voir que les nôtres seront loin d'égaler, encore une fois cette année, en commémorations le nombre de communes françaises qui le feront. De plus, tous les livres qui ont écrit sur l'événement l'ont été par des Français. Il est temps que nous autres Algériens nous nous intéressions de plus près à notre histoire et l'apprenions à nos enfants. Car, comme l'a si bien dit un philosophe, «un peule qui ne connaît pas son passé n'a pas d'avenir». On doit s'approprier cette date.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar INGRACHEN
Source : www.lexpressiondz.com