
Bien avant, les pouvoirs publics se sont pliés aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le danger lié au tabac et qui a pris des proportions alarmantes ces dernières années. Un malaise qui a vu les grandes firmes mettre un léger iota sur le produit en s'astreignant à des slogans pour le moins répulsif pour persuader les consommateurs au sevrage. Malgré toutes ces avancées, voire ces alertes récurrentes les fumeurs tournent le dos non seulement aux lois, mais polluent l'environnement tout en provoquant une consommation passive de tabac dont les effets sont encore néfastes pour les non-fumeurs. Si quelques établissements privés imposent leur loi pour interdire la cigarette, les lieux publics «administration et transports en commun» peinent à garder l'air sain. On fume partout même au seuil des services hospitaliers. C'est un constat qui vient démontrer la légèreté avec laquelle on applique les décrets et lois. Lorsque ces derniers sont adoptés sans être suivis rigoureusement, il ne faudra pas s'attendre à des changements percutants. C'est évident. Encore que les campagnes de sensibilisation n'interviennent qu'une fois par an. Le temps de marquer la Journée mondiale et «saupoudrer» la nicotine omniprésente dans l'environnement avoisinant. «La consommation de tabac dans les lieux publics est strictement interdite par la loi», affirmait un ex-ministre de la Santé. Une assertion qui continue d'être diffusée par les responsables du secteur. En vain. «Personnellement je ne crois pas en cet édit. C'est une mise en garde qui est restée lettre morte depuis sa mise en vigueur il y a plusieurs années», commente un citoyen. Il va sans dire que le passage du simple slogan d'interdiction à la sanction demeure la seule alternative pour instaurer la discipline anti-tabac dans quelques endroits publics. Actuellement les non-fumeurs sont victimes potentielles de la catégorie des fumeurs. Ils inhalent malgré eux ce «poison». «Les responsables doivent trouver d'autres formules pour interdire la consommation de tabac hors des espaces tolérés. Sur papier, il existe beaucoup de choses qui se font afin de préserver une atmosphère saine sans fumée. Le ton est surtout accentué lors des rencontres médicales sur les maladies et affections respiratoires (asthme, cancer du poumon, etc.) Ensuite c'est le statu quo ! Si l'on veut vraiment lutter contre ce genre de pathologie, il faudra obliger les personnes fumeuses à rompre avec la cigarette. Et ce n'est pas tout. Les récalcitrants doivent impérativement renoncer à fumer dans les lieux publics», note un cancérologue au CHU. A Constantine, il existe des associations qui luttent contre ce fléau. Elles tentent de raisonner en premier lieu les écoliers (collégiens et lycéens) sur les risques encourus par la cigarette. Mais les multiples démarches enclenchées n'ont pas eu leur dernier mot sur la population de plus en plus accro au filtre. Les campagnes anti-tabac les plus «laides» diffusées sont encore étouffées par les accoutumés. D'où la nécessité de revoir la stratégie de lutte afin de faire baisser le nombre incessant de fumeurs en Algérie. «C'est un véritable problème de santé publique auquel toutes les parties concernées sont tenues d'y intervenir. Dans le cas échéant les moyens étatiques ne pourront pas à l'avenir prendre en charge une chronicité due au tabac et requérant de multiples ressources» alarme un médecin.
N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nasser Hannachi
Source : www.latribune-online.com