
Signe des temps, les enfants se levaient aux aurores pour se rendre qui sur le chemin de l'école, qui sur celui du collège et du lycée pour en ressortir le soir repus de savoir, alors qu'aujourd'hui ils font le chemin inverse, mais non pas pour aller à l'école, mais pour rejoindre des lieux sinistres et qui n'ont rien à avoir avec l'ambiance d'une salle de classe pour plusieurs raisons : insalubrité, exigüité, incivilité. Signe des temps, il y a deux ou trois décennies, la dépense d'énergie intellectuelle de la journée était naturellement compensée par un bref séjour dans la cité avec les copains de quartier. Le domicile parental demeurant évidemment l'ultime étape pour achever de normales réparations physiques, mentales, morales pour que soit repris encore une fois dans les meilleures conditions le manège de la veille. Les vacances d'hiver, de printemps et celles plus longues d'été ont été conçues de manière à régler biologiquement parce que programmées de façon inamovible, les jeunes individus au même titre que leurs parents ont droit à un congé annuel. Depuis presqu'une décennie, les établissements d'éducation ont pratiquement tous perdus leur essence et les représentants du gouvernement, et plus particulièrement ceux parmi les membres qui se sont succédé à hauteur du ministère de l'Education, n'ont aucune raison de se satisfaire de performances qu'ils sont les seuls à avoir vu. Tous les diplômes délivrés au cours des vingt dernières années n'ont d'autre utilité que de trôner dans un cadre tant ils n'ont en réalité aucune valeur ailleurs. En 2003 alors que l'enseignement national avait déjà entamé à moitié sa descente dans la déliquescence, nous sollicitions d'un jeune ingénieur en informatique fraîchement diplômé de l'université de Constantine et lequel, miraculeusement, est arrivé à s'inscrire dans une université française, son appréciation sur le niveau de formation acquis en Algérie comparativement à celui qu'il reprenait à Lyon. Sa réponse a été, à plus d'une raison, renversante : «J'ai l'impression d'avoir fait cinq ans d'école coranique à Mentouri (du nom de l'université de Constantine). La différence est si énorme que j'ai dû reprendre mes études à partir de la troisième année pour valider le diplôme algérien.»Quoi qu'il en soit, les candidats à l'examen de baccalauréat de cetteannée sont encore plus sceptiques comparativement à ceux de la promotion de l'année écoulée : «Nous pensons que nous avons servi de véritable monnaie d'échange aux enseignants alors qu'en face les gens du ministère s'évertuaient surtout à dégoupiller de façon très ponctuelle des situations qui lesarrangeaient personnellement sans plus.» Ce qui est loin d'être illogique comme raisonnement sachant qu'à chaque conflit, le représentant ès qualité du gouvernement jette l'enfant avec l'eau du bain. Autrement dit sans qu'il n'y ait jamais eu de solutions réelles à un, voire des problèmes qui le sont tout autant et lesquels n'ont toujours été traités que superficiellement. Preuve en est l'analogie des revendications étalées sur la place publique depuis près de deux décennies par les différents syndicats.Pour en revenir aux examens, soulignons quand même que le BEF et l'examen sanctionnant le parcours du premier palier, en l'occurrence le primaire, ne semblent être qu'une formalité non seulement en raison de la simplicité des sujets dont bénéficient écoliers et collégiens mais aussi en raison des résultats à la limite «arrangés» à des fins éminemment politiques. Ainsi les diplômes ne sont plus attribués au mérite mais selon la température sociale à un instant «T».Quelques candidats, entre filles et garçons, que nous avons eu l'heur de croiser au sortir de cours de soutien ont été unanimes à nous dire qu'«Il n'est pas évident que ces cours nous soient réellement bénéfiques compte tenu de la très forte et confuse charge induite». Sur cet aspect précis, une fille nous avoue qu'elle se rend aux cours rien que pour ne pas faire de peine à ses parents : «Je sais que celle-ci (peine) sera encore plus profonde si je n'arrache pas le diplôme. En fait, il ne s'agit que d'un sursis et je reste un peu plus confiante parce qu'il y a cette rumeur qui court et qui fait état d'une mesure officielle déjà arrêtée et laquelle consisterait en une grande largesse en matière de notation.» Ce qui ne fait finalement qu'entériner des pratiques déjà courantes et dont les risques à long terme ne sont plus à démontrer.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com