La cité Ziadia a connu, dans la journée d'hier, sa journée la plus triste. Sous de terribles cris de détresse sortis des entrailles de trois familles déchirées par la perte cruelle de trois de leurs jeunes enfants, pas moins de trois cortèges mortuaires ont sillonné les artères de la cité conduisant les dépouilles des trois jeunes à leur dernière demeure, victimes du tristement célèbre cinquième lac de la forêt de Djebel Ouahch. Le chômage et la canicule du week end aidant, T.H et ses deux copains de quartier A.M et M.F (17, 18 et 28 ans) décident, comme à l'accoutumé, d'aller s'oxygéner dans la forêt de Djebel Ouahch. Dans leur randonnée, les trois amis, voyant les nombreux jeunes se baignant dans les 3 premiers lacs, décident de leur emboîter le pas mais jettent leur dévolu sur le 5ème lac, rarement fréquenté mais notoirement connu pour les risques qu'il présente. Arrivés sur les lieux, et bravant les dangers, T.H et ses copains piquent une tête dans les eaux d'un lac où reposent, dans ses fonds très instables, pêle-mêle, des troncs d'arbres, des grosses pierres, des tôles de voitures et des algues. Les trois jeunes se laissent entraîner dans les profondeurs et ne réussissent plus à refaire surface pour des raisons qui restent encore à élucider, selon les amis des victimes. Alertés, les quelques passants présents sur les lieux n'hésitent pas à plonger dans le lac réussissant à sauver le plus jeune des trois baigneurs. Les agents de la protection civile, arrivés sur les lieux, tenteront désespérément de sauver les deux autres jeunes mais en vain. Ils venaient de rendre l'âme. A peine remis de leurs émotions, les nombreux curieux présents sur les lieux du drame apprendront, par les plongeurs de la protection civile, la découverte macabre d'un autre corps en état de décomposition pour avoir séjourné plusieurs jours coincé dans les profondeurs du lac. Selon les habitants de la cité Ziadia, il s'agirait d'un autre résident activement recherché depuis quatre jours. «Le père de la victime T.H, employé de l'entreprise Sonatrach, venait à peine de quitter sa famille pour rejoindre Aïn Amenas son lieu de travail», disent ses voisins. Et d'ajouter, «il était en mission à Hassi Messaoud quand le fatidique coup de téléphone lui annonça que son fils était mourant». A partir de là, les choses se précipitèrent dans la tête du père déchiré par la nouvelle qui n'hésita pas à prendre le premier taxi sur Constantine pour venir découvrir, par lui-même, que son fils avait rendu l'âme. Les résidents de toutes les cités avoisinant la forêt de Djebel Ouahch sont unanimes à déclarer «si les autorités concernées ne se penchent pas sérieusement sur les risques que présentent les cinq lacs, il y aura encore des familles qui porteront le deuil».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Tarache Djamel
Source : www.lequotidien-oran.com