
Les parkings, ou précisément le stationnement «gardé», se multiplient de jour en jour. La volonté des pouvoirs publics à les interdire ou les récupérer pour mettre fin au stationnement aléatoire n'est pas sortie des intentions officielles. L'anarchie perdure. La municipalité gère ses propres parcs, ceux-ci se comptant sur les doigts d'une seule main. Les usagers automobiles se bousculent au chef-lieu. Ils s'arrachent le moindre mètre carré. Certains gardiens font entendre... des vertes et des pas mûres. Les automobilistes en découvrent au quotidien. «Vous cherchez une place ' Veuillez faire un autre tour, pour le moment c'est complet», ou alors : «combien comptez-vous rester '» Ces mots ont été sciemment édulcorés. Souvent, des échauffourées éclatent entre conducteurs et jeunes gardiens. Les aires de stationnement sauvages clochardisent les cités. Et leurs intrus gestionnaires ternissent davantage le décor à travers leur comportement agressif et indécent. Le chef-lieu de la capitale de l'Est, pour ne citer que celui-ci, est évidemment le carrefour de tous les passages. Tout est presque permis pour dénicher un endroit pour le proposer au plus pressé.Les soi-disant gardiens s'adonnent même à des «réservations» aux clientshabituels. Pour se faire bacs à ordures, cartons, gravats,... sont utilisés pour délimiter les surfaces. Gare à celui qui tente d'en dégager le quai ! Cependant, quelques établissements scolaires, l'Ansej, l'Anem, le musée, pour ne citer que ceux-là, ont trouvé la parade pour ranger les voitures. Mais ce n'est pas tout le personnel qui en bénéficie. Au plus, cinq véhicules, car les surfaces sont insuffisantes. Constantine vit son anarchie sous les yeux des responsables, impuissants. Ces derniers, malgré leurs multiples annonces de venir à bout du stationnement aléatoire, peinent à éradiquer «le mal de garer» faute de bonnes alternatives plus ou moinsjudicieuses. «La ville est exiguë. Elle n'a pas été conçue pour un tel parcautomobile qui ne cesse de croitre, alors que les parcs sont quasi inexistants.»Un leitmotiv dans un alibi illustrant l'incapacité de fluidifier les quartiers et ruelles. La tâche revient en particulier à la municipalité qui gère quelques «pseudo parkings» mis aux enchères après expiration des contrats desexploitants. Les «SS» au Coudiat, Saint Jean, la place Tatache (Souk El Asser)constituent les lieux les plus sollicités par les souscripteurs car elles offrent aux usagers des alternatives de proximité. Foultitude aux premières heures matinales puisque les administrations et organismes sont implantés au c?ur de la cité. En parallèle, il existe des quais et des petites places exploités anarchiquement par des jeunes chômeurs, obligeant les automobilistes à des tarifs ne répondant à aucune logique. Apaisés pour avoir trouvé où... lâcher leurs quatre roues, les conducteurs payent sans négocier. Le ticket n'est jamais brandi même dans les parcages dits autorisés. Ce qui laisse toute latitude au renflouage des recettes, mais dans l'illégalité tant les inspections ne sont pas de mise. Les pouvoirs publics ont promis un assainissement radical au niveau des boulevards et ruelles névralgiques afin d'aérer les trottoirs. Une injonction centrale aura été adressée auxgestionnaires il y a quelques années. Cette option allait se manifester par le recensement de tous les jeunes gardiens qui activent aux alentours de leurs cités, et c'était le cas pour les espaces au nombre impressionnant de plus de 200. Et ce pour une régulation judicieuse des aires. Rien n'y fit. Le scénario plane toujours avec des entassements de véhicules au quotidien. Les trottoirs fraichement revêtus (à moitié) pour le compte de la manifestation de «Constantine capitale de la culture arabe 2015», sont revenus à leur utilité initiale. C'est à dire abriter des automobiles puisqu'aucune alternative n'est en vue. La problématique des parkings sauvages persiste. La passivité et l'incompétence aussi. L'alternative est difficile à imaginer notamment au c?ur de la ville. Pas la moindre poche pour crayonner un parc. Il faudra faire preuve d'imagination. La solution réside dans l'excentration progressive desorganismes publics. C'est le seul débouché, de l'avis des observateurs, pour envisager une cité à chaussées dégagées à défaut d'une métropole«semi piétonne». L'équation est quasi insoluble. Le parc automobile est en inadéquation avec le nombre de parkings opérationnels. Sur un autre registre, la mise en service du tramway et du téléphérique n'ont pas dissuadé les conducteurs à laisser leurs engins près de leur cité et à faire donc gagner lecentre-ville en «oxygène et en espaces». «Je peux me garer ici '», une question qui tourne pour longtemps en boucle dans les parkings sauvages de tout le pays.N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nasser Hannachi
Source : www.latribune-online.com