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Elus, tous mandats confondus, ailleurs affairés et extrême solitude



Elus, tous mandats confondus, ailleurs affairés et extrême solitude
A. LemiliLe cadre de vie se détériore de plus en plus pour les Constantinois et sans chercher à trop en rajouter autant dire que les chantiers ouverts dans le cadre de l'évènement culturel international auquel se prépare la ville l'ont rendu quasi dramatique. Rarement les habitants de la ville des ponts n'ont été aussi seuls et impuissants devant les violences qui leur sont faites. Le discours officiel appelant les Constantinois à «excuser ces désagréments passagers», qui n'arrêtent pourtant pas de durer et vont même aller loin, bien loin par rapport aux délais prévus, ne réussit finalement plus qu'à les désespérer et aviver plus encore leurs souffrances par sa nature à la limite du sadisme. Dans tout ce capharnaüm, la majorité des élus se sont effacés, et certains, qui de temps à autre sont tenus de se rappeler au bon souvenir de l'exécutif, de se flatter des retombées avantageuses de la manifestation et de la notoriété à venir de la capitale de l'Est. Quoiqu'il en soit, tous les arguments brandis par les pouvoirs publics locaux ont été tellement invoqués que la banalisation a pris le pas sur l'essentiel et dès l'instant où les élus eux-mêmes suggèrent en aparté aux citoyens qui les interpellent de «faire comme ailleurs, fermer les voies de circulation, brûler des pneus, assiéger l'Hôtel de ville ou ses démembrements», autant dire que plus rien ne va. A Constantine, certainement comme partout ailleurs et cela peut être moins grave ou plus grave, c'est selon, un cadre de vie au rabais se limiterait à moins d'ordures, moins d'encombrement en matière de circulation piétonnière, moins de difficultés de transport avec notamment une maîtrise de celui public, plus d'espaces pour garer un véhicule pour tout automobiliste. Or, l'augmentation visible du volume des ordures ménagères est effarante et plus que cette évolution exponentielle des rejets domestiques, c'est surtout l'inertie des structures qui en ont la charge et pour les responsables desquelles le problème serait lié «...à un déficit d'équipements, de personnel» et, bien entendu et surtout, «au manque de civisme des habitants» (ce qui n'est pas dénué de vérité faut-il le concéder). Autre écueil auquel font face les Constantinois, voire ses hôtes ponctuels disposant de moyens motorisés : des espaces de stationnement. Un état des lieux alarmants dans une ville qui n'arrête pas de se réduire pour plusieurs raisons. D'abord l'aspect sécuritaire avec des restrictions notamment aux alentours des édifices publics et souvent à leur périphérie étendue. Or, tous lesétablissements publics sont situés en plein centre-ville et cela va sans dire que ceux qui y travaillent s'y rendent en général avec leur véhicule. Eu égard à la situation évoquée, nombreux sont à leur tour les parkings improvisés, ex nihilo et trop souvent ponctuels (en réponse à une activité, manifestation également ponctuelles), d'ailleurs, a posteriori, aux torts des automobilistes (roue épinglée par les services concernés, vols, déprédations...). Quoiqu'il en soit, les parkingueurs, ou sinon les individus réputés résidant dans les lieux, se désignent d'autorité et récupèrent leur «dû» de gré ou de force. Le pactole ramassé ne semblant plus suffire, en certains endroits le stationnement d'un véhicule est désormais compartimenté en deux parties (matin et après-midi, l'heure de pause n'étant même pas comprise pour les fonctionnaires). Une activité rentable, à telle enseigne que sur les «grands sites de stationnement», les gérants ont agrandi leur business soit en lesous-traitant ou en s'adjoignant les services d'un ou deux autres jeunes. Dans tous les cas de figure le viager est garanti. Comble de l'ironie, à force d'?uvrer ces gérants de parking, comme ceux des allées communément appelées les «S», ont bénéficié d'une reconnaissance de l'APC via une convention dont les dispositions sont allégrement ignorées par les gérants. Ainsi en est-il et du prix du stationnement et du nombre d'heures autorisées. Plus surréaliste encore, ce n'est plus le stationnement à moyenne ou longue durée qui est payant, mais jusqu'à l'arrêt de très courte durée et même si le conducteur demeure dans son véhicule, d'où forcément bien des conflits physiques parfois menant jusqu'au drame. Dans cet ordre d'idées, les clashs entre bandes rivales et petits gangs de quartiers et des cités de banlieue sont désormaisimmortalisés avec ce qui se passe quasi périodiquement à l'unité de voisinage 14 de la nouvelle ville Ali-Mendjeli, d'où des habitants aspirant plutôt à la sérénité s'en sont retrouvés à quitter les lieux et souvent à brader le prix de leur habitation. Tout cela à cause d'espaces de parking que se disputent des petites frappes. Autre problème cornélien vécu par les Constantinois, le transport public sur lequel les élus desquels il dépend pourtant n'ont aucune emprise. Taxieurs et propriétaires de bus font littéralement la loi, n'assurant des prestations qu'à l'humeur et rarement après 18h ou durant les heures de pointe au motif «...d'encombrement des voies de circulation». L'administration locale n'a aucune réaction sur tous les abus constatés et autres plaintes d'usagers et pour cause la «puissance» pour ne pas dire la capacité de nuisance des associations représentant les deux corporations : taxieurs et propriétaires de bus. Dans ce décor dantesque, faudrait-il s'attendre à un sursaut des pouvoirs publics locaux et au respect de l'engagement des élus dans un proche avenir ' Certainement non ! Les indicateurs visibles à l'?il pour tout citoyen lambda sont là pour le confirmer. Pour l'anecdote, le fameux parking à étages cédé par la commune à un gestionnaire privé pour une période de trois ans (renouvelé tacitement en janvier 2014) fait obligation à ce dernier de n'autoriser l'accueil que de 522 véhicules. Or, depuis plus d'une année celui-ci dépasse allègrement les 600, ce qui «constitue un énorme risque pour la charpente métallique compte tenu des désordres techniques causés», nous dira un architecte à la réputation établie à Constantine. Le directeur du patrimoine de l'APC, que nous avons approché, quelques jours avant la reconduction du bail avec le concessionnaire privé, nous avait assuré s'inquiéter de cette situation et de prendre les mesures qui s'imposent. Mieux encore, ledit concessionnaire a bénéficié de la gestion du nouveau parking de l'aéroport Mohamed-Boudiaf. C'est dire.A. L.


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