
Nasser HannachiBibliothèques mobiles, festivals institutionnalisés, échanges inter-wilayas... Ce sont autant d'acquis parmi d'autres qui continuent d'animer la sphère culturelle avec des échos variables. Selon que l'on soit en ville ou habitant alentour. Depuis quelques années, précisément à partir de 1998, le panorama patrimonial et culturel algérien a amorcé une renaissance de ses cendres, après une décennie meurtrière attisée par le terrorisme barbare. Après le retour de la paix, les pouvoirs publics parleront d'actions visant à apporter la culture rogressivement dans les contrées les plus reculées du pays. Et du coup, rattraper le retard en matière de diffusion du produit culturel tous azimuts. Des budgets exceptionnels ont été accordés au secteur, une manne jamais égalée depuis l'indépendance, de l'aveu de nombreux gestionnaires et responsables.Pour autant, la disponibilité des financements n'a pas concrétisé l'objectif principal : la socialisation de la culture. Combien de manifestations sont restées sans public et sans attrait ' Et des localités souffrent encore de l'absence totale de toute vie culturelle, faute d'une politique adéquate. La diffusion et l'impact demeurent le talon d'Achille pour toutes les festivitésorganisées. L'augmentation des subventions étatiques destinées aux multiples évènements a certes permis la multiplication des manifestations culturelles. Mais elles n'ont pas abattu les frontières des grandes villes pour irradier dans le reste du pays, malgré les quelques tentatives initiées par des municipalités ou des organisateurs d'événements. Le chef-lieu ou le grand centre urbain demeure toujours la plaque tournante de tous les rendez-vous culturels. La tradition de faire de la ville le point focal pour tous les agendas à plus ou moins grande audience pénalise les populations excentrées, soit à cause de la lancinante problématique des transports ou du simple fait du désintéressement. Pour cette année, en raison des chantiers qui sont engagés dans la ville en perspective de la manifestation «Constantine capitale de la culture arabe 2015», la délocalisation de quelques manifestations annuelles apparaît comme une aubaine pour les communes alentour.La socialisation de l'acte culturel nécessite un engagement «administratif», représenté par les directions locales qui doivent soutenir les associations avant de s'appuyer sur elles, car le mouvement associatif a un bon ancrage dans la société, qui en fait un vecteur de diffusion et de socialisation de la culture qu'on ne peut écarter. Touchant du doigt les diverses aspirations des populations, les associations sont toutes désignées pour véhiculer leproduit culturel. Mais il se trouve que les initiatives extra officielles sont souvent vouées à l'échec, laissant place aux programmes institutionnels dont l'impact n'est pas le premier souci. De plus, la question de la ressource humaine ressurgit à chaque fois que l'idée de la socialisation de la culture est évoquée. En effet, les infrastructures culturelles ont besoin d'un nouveau sang apte à rompre avec la monotonie du préétabli, préprogrammé. Cette métamorphose ne pourra être assurée que par une composante ayant des compétences managériales intégrant la collaboration, la coopération et le travail d'équipe comme mode de gestion, ce qui ne manquera pas de donner un autre élan à toutes ces infrastructures sans âmes. La ministre de la Culture a déjà donné le la en affirmant sa volonté de travailler de concert avec toutes les forces en place pour le bien commun et la culture pour tous. Constantine compte plusieurs associations culturelles. Mais sur le terrain, c'est le même menu qui est livré. Ce sont les mêmes grilles et programmes sortis des bureaux desofficiels qui travaillent plus pour remplir un calendrier et avoir un bilan positif que pour assurer leur véritable mission : la promotion de la culture.N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com