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Actions a minima à Constantine



Actions a minima à Constantine
A. LemiliSocialiser la culture ne veut pas dire la verser dans une forme de isérabilisme. C'est malheureusement le cas à Constantine. La perception par les responsables de ce concept qui tire son inspiration de l'exercice démocratique dans sa totale acception, d'une part, et de la décentralisation sinon le bénéfice et/ou l'exercice de tout ce qui touche à l'activité artistique et culturelle au profit des populations du pays profond est matérialisé sur le terrain par les pouvoirs publics et leurs représentants, sinon encore par le mouvement associatif par des actions qui ont, sans doute, le mérite de faire le plein comptable mais n'apportent ou ne contribuent en rien à l'émancipation des masses.En plus clair, socialiser la culture s'est, depuis une trentaine d'années environ, matérialisé par sa folklorisation. Ce n'est très certainement pas l'apanage de la ville des Oulémas, des sciences, de la culture comme se plaisent à la qualifier ses hôtes lors de grandes manifestations. Bien entendu, la multiplication des maisons de jeunes, des maisons de la culture dans chaque commune, du Palais de la culture Malek-Haddad et, prochainement, c'est-à-dire dans une année, plein d'autres structures appelées à abriter tous types d'activités en ce sens. Sauf qu'il serait légitime de s'interroger par quel miracle ces nouvelles structures pourront être amorties... dans tous les sens du terme.La culture à la portée de tous, autrement dit cette socialisation politiquement prônée, médiatiquement exposée, statistiquement compilée par les pouvoirs publics locaux présenterait certes tous les avantages et mérites s'il se trouvait un zeste d'universalisme comme cela était le cas entre les années 1965 et 1980. Trouver Sartre chez tout buraliste de n'importe quelle ville d'Algérie, avoir le choix entre aller au cinéma pour y voir un film de Truffaut, Goddard, Huston....et dans les salles de répertoire de la cinémathèque algérienne n'importe quel autre chef-d'?uvre du cinéma mondial avec, en prime, un débat parfois en présence du réalisateur ne risque plus de s'inventer dans une ville où il n'y a plus aucune salle de fonctionnelle.L'année 2015 est censée apporter du nouveau, mais quelle que serait l'importance du rendez-vous ou du moins la dimension qui lui est donnée par anticipation, et pour cause la nécessité de célébrer sa réussite avant terme, n'apportera pas pourtant grand-chose compte tenu de la faiblesse intellectuelle des productions de l'ensemble des pays arabes à l'exception de quelques...exceptions. L'essentiel de ce «grand évènement» a évidemment de très fortes présomptions d'être focalisé sur tout ce qui n'aura pas lieu sur scène, les plateaux de télévision ou sur les ondes des radios nationales. Pour évoquer plus trivialement cette question de mise à portée tous azimuts de la culture à l'endroit des masses, autant dire que pour y parvenir et pour des raisons de qualité de la nature même des actions engagées, il faut miser gros pour gagner gros. Ce qui n'est pas le cas à Constantine, où effectivement les représentants des pouvoirs publics et plus particulièrement le directeur de wilaya de la culture clame à qui veut l'entendre que ce ne sont pas les financements qui manquent, allant pour cela, lors de rencontres de circonstances, jusqu'à ânonner des chiffres à donner le tournis. Sauf que rien n'est visible sur le terrain où très souvent l'improvisation qui précède des activités aide à déduire qu'il ne s'est toujours agi que de pompeuses déclarations.Les Constantinois, autant les grandes personnes que les jeunes, ont depuislongtemps fait leur choix quant à la culture avec un grand C à laquelle ils se consacrent et consacrent une bonne partie de leurs moyens et ce ne sont très certainement pas les spectacles à déprimer ou encore les quelques dizaines de livres rarement renouvelés dans les bibliothèques qui les feront se diriger vers des lieux que leur intelligence, perspicacité, leur soif d'apprendre, (re)découvrir et connaître qu'ils ne fréquentent plus...sinon pour accompagner un fils, une fille, un proche...A. L.


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