Constantine - A la une

Le procureur de la République pointe des conditions "inhumaines"



L'enquête préliminaire ouverte sur les conditions catastrophiques de prise en charge d'enfants autistes au niveau d'un centre privé non agréé situé au niveau de la cité El-Mouna (ex-Benchikou), sur les hauteurs de la ville de Constantine, a permis l'arrestation de neuf personnes. C'est ce qui ressort de l'intervention du procureur de la République près le tribunal de Constantine, Abdelfatah Kadri, qui a tenu, hier, un point de presse au tribunal correctionnel de Ziadia."Les victimes ont été placées par leurs parents dans ce centre pour une supposée prise en charge contre des sommes allant de 150 000 à 250 000 DA. Après consultations, il s'est avéré que la situation dans laquelle ont été trouvés ces enfants ne répond nullement aux exigences sanitaires ou pédagogiques nécessaires.
Les enfants auraient également subi des maltraitances et des violences physiques", ajoute le procureur de la République. "L'enquête a permis également de découvrir les conditions inhumaines dans lesquelles vivaient les pensionnaires du centre", explique-t-il."Les premiers éléments ont révélé que le groupe qui a fondé ce centre fictif se constitue de trois personnes dont l'une prétend être psychologue. Ces derniers ont été arrêtés. L'enquête concerne également six autres éducateurs", conclut-il.
Contactée préalablement à ce sujet, Samia Gouah, directrice de l'action sociale et de la solidarité de la wilaya de Constantine, dira : "Nous nous sommes déplacés avec les éléments de la Gendarmerie nationale, et à notre arrivée, nous avons été frappés par la situation désastreuse et inhumaine dans laquelle se trouvaient les enfants.
Le lieu ne répond à aucun critère de prise en charge réelle, notamment sur le plan de l'hygiène et de la sécurité des enfants. Nous avons trouvé des enfants livrés à eux-mêmes et très sales, une alimentation malsaine et des odeurs nauséabondes qui envahissaient le lieu. C'est une catastrophe sur tous les plans.
Cette association constituait un véritable danger sur le plan sanitaire et sécuritaire pour ces enfants.'' Notre interlocutrice précisera également que "ces enfants sont originaires de plusieurs wilayas, dont huit enfants de Sétif, un d'El-Bayadh, trois de Constantine, deux de Djelfa, six de Ghardaïa, quatre de Mila et sept d'Alger, Batna, Saïda, M'sila, Bordj Bou-Arréridj, Khenchela et Tissemsilt.
Vingt enfants ont déjà été récupérés par leurs familles''. Mme Samia Gouah soulignera, également, que cette association n'est pas agréée et n'est pas du tout connue des services de la DAS.
Pour rappel, les 31 enfants atteints d'autisme ont été retrouvés, vendredi vers 20h, dans une situation catastrophique dans les locaux d'une association d'aide et de garde d'enfants autistes et trisomiques non agréée dans une villa située à la cité El-Mouna (ex-Benchikou), sur les hauteurs de la ville de Constantine.
A priori, les enfants séquestrés ont été violentés et torturés par les encadreurs. La plupart portaient des traces de brûlures, de nombreuses marques de coups, des hématomes en différents endroits du corps alors que d'autres souffraient de fractures.

Ines Boukhalfa
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