Constantine - Revue de Presse

Le crédit sans intérêts fait toujours jaser



Le crédit à zéro pour cent d'intérêt, « R'FIG », semble éprouver toutes les peines du monde à passer à l'application, en dépit des avantages qu'il offre pour booster la production agricole, objectif qu'il se propose de réaliser en accompagnant le travailleur de la terre jusqu'à la récolte.

Un obstacle et non des moindres se trouve être l'imposition au candidat à ce prêt sans intérêt d'un seul fournisseur, soit la coopérative de céréales et des légumes secs (CCLS), auprès de laquelle il doit s'approvisionner exclusivement en tous ses intrants et autres matériels. Il s'agirait, en l'occurrence, d'une espèce de « retour au monopole qui ne dit pas son nom, et qui a été pourtant aboli depuis longtemps maintenant », répètent à qui veut bien les entendre bon nombre de professionnels du secteur. «Alors que la campagne des labours et semences est sur le point d'être lancée, le fameux crédit R'FIG n'est toujours pas ?'libéré', ce qui en dit long sur les lourdeurs bureaucratiques, et qui peuvent la faire capoter ou du moins l'entraver sérieusement», disent-ils.

En effet, le crédit sans intérêts en question consiste en un prêt d'une année, pour les financements des productions et/ou des constructions, destiné aux agriculteurs et aux éleveurs pour tout ce qui concerne leur campagne en intrants, engrais, semences, etc. De plus, en ce qui concerne les céréaliculteurs, l'émotion est à son comble et les professionnels « sont inquiets face à tous ces ratés », selon l'expression de plusieurs d'entre eux. Ils font remarquer que « l'annonce de ce genre de crédit, et la publicité qui s'en est suivi, date quand même du début du mois d'août dernier et que depuis, rien n'est venu conforter une lisibilité plus claire du projet ». Bien au contraire, dit-on, c'est de plus en plus le brouillard qui domine en la matière.

Antar Benkahoul, membre de la Chambre d'agriculture de Constantine et président de l'Association des céréaliculteurs de la wilaya, critique et déplore que pour bénéficier du prêt R'FIG, il faille s'adresser exclusivement à un seul fournisseur, la CCLS de la wilaya qui « traite les dossiers au compte-gouttes ». Selon ses dires, « il est impossible de satisfaire toute la demande dans des délais acceptables, en considération du nombre important de céréaliculteurs.

Ils sont 2.000 pour Constantine et sa région. Les craintes et inquiétudes des agriculteurs sont fondées, souligne-t-il, en raison du volume considérable des approvisionnements à satisfaire et au regard des possibilités d'avant, où le travailleur de la terre avait une fiche navette qui lui permettait de se fournir auprès de plusieurs opérateurs. Ensuite, signale notre interlocuteur, l'acte agricole n'attend pas, puisque relevant de dame nature qui, elle non plus, n'attend pas. Désherbage, ensemencement, etc., ne peuvent attendre.

Mais ce n'est pas l'avis des responsables de la CCLS qui affirment « que l'opération se déroule le plus normalement du monde, sans retards »...


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