Constantine - A la une

Le choc Point Net



Le choc Point Net
Sur les sites de réseaux sociaux circule depuis hier un photo-montage qui montre des policiers en action. Sur l'une des photos, ils s'en prennent avec violence à des manifestants. Sur une autre, ils en arrêtent d'autres et leur mettent les fers aux poignets. Sur une dernière photo, les visages terrorisés de deux enfants. Commentaire : ils (les policiers) tabassent, ils arrêtent mais sont incapables de protéger.
C'est peut-être trop sévère pour la police qui doit certainement «faire ce qu'elle peut». Haroun et Brahim, deux enfants de 9 et 10 ans venaient d'être découverts, morts et mutilés, après avoir été enlevés deux jours auparavant devant leur lieu d'habitation dans la nouvelle ville Ali-Mendjeli à Constantine.
L'horreur a déjà fait le tour du pays et du monde grâce à la toile. Le choc est terrible, à la mesure du drame. La colère est légitime. Dans la foulée, la foule l'a exprimée comme elle pouvait. C'est dur quand l'émotion se mêle à l'impuissance. Le mouvement devient désordonné et la réaction incontrôlable. Deux enfants viennent de perdre la vie dans des conditions difficiles à imaginer. Ils ont peut-être connu d'effroyables supplices avant de rendre l'âme. Puis leurs corps ont été jetés sur un terrain vague.
Que faire pour dire son éc'urement ' On a saccagé ce qui était à portée de main et lancé des pierres sur un commissariat. C'est dérisoire mais c'est comme ça.
On ne peut rien faire contre les détraqués désertés par ce qui reste d'humanité. Mais on peut faire beaucoup de choses pour que l'horreur ne se banalise pas. A la nouvelle ville Ali-Mendjeli de Constantine, à Mahelma près d'Alger ou dans un village de haute Kabylie. Il y a des détraqués partout à travers le monde, et à chaque fois qu'une atrocité est consommée, on se dit que tout ce qu'on peut faire est désormais dérisoire. Inutile ' Certainement pas. La police ne peut pas protéger tous les enfants contre l'horreur mais elle peut en atténuer l'ampleur.
Et le faire sentir autour d'elle. Nos enfants sont-ils en sécurité ' Non. Fait-on quelque chose pour les protéger ' Peut-être. Mais on nous donne très peu cette impression-là et c'est ça le plus insupportable. Difficile de se sentir protégé quand ceux dont c'est le métier et la vocation se distinguent plus dans le passage à tabac des chômeurs en colère que dans la traque des malfrats. Difficile de se sentir protégé quand on met plus de temps à vous dissuader de déposer plainte qu'à vous encourager à vous rappeler les traits de votre agresseur ou voleur.
Difficile de se sentir en sécurité quand les petits barbus du quartier imposent «leurs» lois en foulant aux pieds les' lois de la République. Difficile de se sentir protégé quand la police traque les jeunes couples plus que les corrompus. Bien sûr, se rappeler tout ça au moment où d'innommables crapules venaient de tuer deux garçons de neuf et dix ans, sent la vanité. Mais n'est-ce pas que face à l'horreur, on réagit comme on peut, même s'il y a plein d'endroits où jeter des pierres, en dehors des commissariats '
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