Près d'une trentaine de personnes, commerçants informels de leur état,
ont tenu hier un rassemblement devant l'hôtel de ville à la suite de leur
délocalisation des endroits publics où ils exerçaient leur activité,
revendiquant dans ce sillage l'octroi d'autorisations pour pouvoir s'installer
dans la légalité. C'est là un effet «boomerang» qui ne manque jamais de se
manifester après chaque campagne de lutte contre le commerce informel.
Chassés manu militari des lieux de prédilection des activités
commerciales «illicites», généralement dans des marchés improvisés, à
l'intérieur des surfaces réglementées, ou carrément sur la voie publique, ces
jeunes s'en retournent immédiatement vers la municipalité pour réclamer une
solution à leur situation.
Un véritable dilemme pour la municipalité : laisser proliférer le
commerce informel aux dépens de l'ordre public et de la frange des commerçants
qui paient leurs impôts, ou tenter d'éradiquer ce phénomène et subir les
conséquences de l'initiative, notamment la protesta des jeunes qui viendront
immanquablement revendiquer une légalisation de leur activité, voire exiger un
poste de travail stable ?
Pour l'instant, les autorités de la municipalité, mettant en application
l'une de leurs promesses formulée en direction de l'UGCCA lors de la dernière
campagne électorale, engagent une lutte sans complaisance contre le commerce
informel, procédant ces derniers jours au nettoyage des espaces occupés illégalement
au sein des deux marchés couverts du centre-ville, dégageant les issues et
facilitant la circulation des personnes à l'intérieur de ces marchés, naguère
livrés à l'asphyxie par une foule de marchands qui provoquaient un chaos
indescriptible en squattant le moindre espace libre.
«Et dans les prochains jours, on va passer à l'assainissement du passage
souterrain, où règne une véritable pagaille», nous assure un cadre de la
commune de Constantine. Mais celui-ci ainsi que d'autres responsables de services
directement engagés dans cette lutte contre le commerce informel reconnaissent
que «ces actions ne sont que des coups d'épée dans l'eau, car le jeu du chat et
de la souris fait que ces jeunes qu'on chasse finissent toujours par se
réapproprier les trottoirs».
Préconisant dans ce sens «un traitement radical de ce phénomène, assorti
d'enquêtes sociales, et surtout de proposition de solution efficace de
rechange... Sinon, tout effort déployé sera vain et sans effet».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Z
Source : www.lequotidien-oran.com