
Nasser HannachiLes marches initiées à travers le pays comme signal fort de soutien au profit des Palestiniens ont provoqué divers déclics. Elles ont mis en marche la machine artistique avec des degrés variables selon qu'une ville ou une autre accueille un évènement culturel déjà programmé pour y incruster une thématique «improvisée» dédiée à Ghaza. Jusque-là, la mobilisation indépendante des artistes ne s'est pas manifestée spontanément : aucune soirée n'a été organisée spontanément pour inviter la population (locale) à contribuer à rassembler les aides pour les habitants de la ville-martyre.Le ton de la solidarité envers le peuple Ghazaoui a été donné du côté des Aurès, dans la wilaya de Batna, à l'occasion de l'ouverture de la 36e édition du Festival international de musique de Timgad. Un geste fort de solidarité. Il dépasse les exécutions sur la scène. Le public a rejoint les artistes et clamera son soutien à la Palestine, en brandissant des drapeaux palestiniens. Les organisateurs, avec l'aval du ministère de la Culture, donc de l'Etat algérien, ne seront pas en reste. Toutes les recettes de cette manifestation seront intégralement versées dans les caisses palestiniennes. La manifestation n'a fait que se plier aux exigences de l'heure, d'autant que l'Algérie n'a jamais dissimulé son soutien indéfectible pour le peuple palestinien, qui est meurtri par «le sionisme» barbare sous le silence de cathédrale des grandes puissancesmondiales.En pareille circonstance, l'art se doit de rejoindre les premières lignes etd'afficher son engagement. La partition doit être militante et ses silences aussi expressifs que ses notes ! La toile doit devenir une chorégraphie forte enémotion et par-dessus tout en générosité. L'Algérie s'est certes mobilisée depuis le premier obus israélien sur Ghaza. Néanmoins, étant donné l'ampleur du génocide perpétré par Israël, les échos portés par les artistes et poètes se veulent omniprésents avec beaucoup de relais. Mais ce n'est pas encore le cas.À Constantine par exemple, on dénombre des dizaines d'associations à caractère culturel et artistique tous types et genres confondus. Pour l'heure, aucune parmi elles ne s'est manifestée avec sa propre initiative pour témoigner de cette fibre artistique engagée, qui est l'essence d'une partie indéniable des arts. Une soirée, deux ou trois,... dont les recettes collectées seront une bouffée d'oxygène. Que nenni. Et à cela quelques alibis : toute la cité est en chantier à ciel ouvert. Aucun espace n'est disponible pour s'y produire, déplore un amateur.En parallèle, encore une fois, le manque d'imagination a frappé les organismes culturels de la médina. Les projets culturels sont mis en veilleuse et les organisateurs sont aux abonnés absents. Les soirées organisées durant le Ramadhan n'étaient qu'une bouffée distractive conjoncturelle ! Si ce n'est quelques expressions incrustées ou improvisées dans les programmes officiels. On retiendra cependant la production du luthiste Irakien Nacir Chamaa qui s'est manifesté au terme de son récital au Palis à Ahmed Bey lors des soirées du Ramadhan, et notamment de sa position quant au rôle et devoir de l'artiste vis-à-vis d'un idéal ou une lutte en général et la question palestinienne en particulier. «L'artiste doit être au c?ur de l'évènement de par son engagement et son soutien aux questions de l'heure dont principalement le bombardement de la bande de Ghaza par l'occupant israélien», dira-t-il. Sa proprephilosophie, son propre combat est pour une Palestine indépendante et sans embargo. Il n'est plus de mot ni de musique pour stopper le forfait israélien «digne» héritier des nazis, et beaucoup plus, soulignait l'artiste. Ce qui est attendu des artistes c'est, au moins, une présence pour rassembler des fonds ou lancer des messages réconfortants, c'est peu face à une douleur intolérable qui a dépassé tout entendement, mais ce sont les petits ruisseaux qui font les grands fleuves. Les marches populaires initiées à travers le monde, dont l'Algérie profonde, pour dénoncer cette agression et appeler à la paix, n'ont pas provoqué un authentique déclic artistique au sens propre du terme. Seules des pensées et compassions sont émises par les artistes, en attendant une véritable mobilisation pour «apaiser» les souffrances des Ghazaouis.La douleur, le drame et les souffrances ont-ils rendu les muses muettes ' Pour l'heure, seuls les réseaux sociaux se distinguent par des soutiens à toute initiative porteuse d'une promesse de paix. Mais ils restent impuissants face à la machine destructrice.La plupart des organisateurs à Constantine tablent d'ores et déjà sur les impacts des festivals institutionnalisés à venir (en automne), en projetant de revoir leur thème ou sous-thème pour les dédier à Ghaza. Il faut cependant souligner que la plupart de ces évènements, les festivals du malouf et Inchad notamment, n'engrangent pas beaucoup de recettes. On imagine d'ores et déjà le maigre profit matériel de soutien. À moins que les organisateurs innovent et trouvent d'autres moyens pour récolter quelques fonds.En outre, la méga manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» sera certainement inscrite dans le cadre du soutien à la Palestine. Chaque scène sera dédiée à la population de Ghaza. C'est le moindre des efforts culturels et artistiques que l'on peut offrir à une population en détresse assassinée et sans défense.N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com