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La population réclame la dignité dans les services hospitaliers



La population réclame la dignité dans les services hospitaliers
La santé va mal alors que ce ne sont pas les moyens qui manquent pour lui permettre de se rétablir. C'est le constat établi par les citoyens tout statut confondu. La mauvaise prise en charge est les déficiences au niveau des hôpitaux renvoient à une donne organisationnelle assortie d'une mauvaise gestion qui durent depuis plusieurs années. En parallèle les jours se suivent et se ressemblent dans cette campagne. Les observateurs tentent en vain de décoder un planning judicieux des discoureurs, se référant à la réorganisation du secteur pour permettre aux individus de se soigner sans peine. La campagneprésidentielle retentit depuis plus de deux semaines. Des discours, des promesses, des dérapages. Bref un scénario de campagne qui illustre divers programmes aux chapitres différents, mais loin d'être complémentaires. Le secteur de la santé - comme celui de la culture d'ailleurs - n'a pas suscité autant d'attention chez les candidats à l'exception de quelques généralités se rattachant au droit de se soigner sans peine dans un pays riche de la trempe de l'Algérie. En face les citoyens sont malmenés par la faible prise en charge et cherchent du concret : un accueil décent aux seuils des hôpitaux, une auscultation appropriée et des urgences répondant aux normes universelles. Autrement dit s'attaquer d'emblée au mal sans faire attendre la personne affectée pendant des heures dans les couloirs à scruter le moindre passage d'une blouse blanche, ou encore devant une entrée barricadée gardée par des agents «discourtois» qui font la loi sous les yeux impuissants, voire complice de la direction. tre pris en charge dans une structure de santé publique sans user de subterfuges ou de passe-droits demeure une démarche inexistante, alors que cela est le minimum requis pour tout citoyen vivant dans un pays où la réforme hospitalière ne cesse d'être en cours depuis une décennie. L'Algérie dépense beaucoup, exagérément même, dans ce secteur vital et névralgique. Des budgets pharaoniques sont affectés annuellement pour faire tourner leshôpitaux et leurs annexes à travers le territoire. «C'est énorme ce que lesgestionnaires déboursent annuellement pour approvisionner les structures de soin en équipements, médicaments et tous accessoires afférents», admet un cadre à la DSP. Une réalité loin de se traduire à l'identique quand il s'agit de faciliter les accès aux soins pour les milliers de patients en quête de thérapie. Organisation et mauvaise gestion ce tandem souvent avancé par les ministres qui se sont succédé à la tête du secteur ne paye plus. À l'ère des gestions modernes il n'est plus permis de se dissimuler derrière cet alibi qu'une simple alternative judicieuse, et draconienne par-dessus tout, pourrasurclasser. «En aucun cas le malade ne devra payer les frais de la mauvaise gestion des espaces de santé notamment publique», estime un citoyen qui met dans l'?il du cyclone l'anarchie prévalant dans quelques services d'urgences, la maternité et surtout l'éternelle problématique au niveau du centre anticancer (CAC), qui ne parvient toujours pas à décoller malgré les multiples atermoiements et les largesses accordées par les pouvoirs publics. Un cancéreux souffre doublement dans ce pays. En plus de sa maladie il encaisse les frais de la mauvaise répartition du calendrier de la chimio et radiothérapie en raison des insuffisances enregistrées dans les centres et la mauvaise répartition des malades. À titre d'exemple le Centre hospitalier de Constantine, qui s'occupe des 17 wilayas de l'Est, ne sait plus où donner de la tête. Et les responsables craignent le maintien de ce flux en dépit des prochaines mises en service des deux accélérateurs fraichement acquis et montés. La prise en charge de cette catégorie de pathologie demeure inextricable tant par le manque de moyens et d'espaces que par la régulation des rendez-vous selon des priorités et descomplications distinctes pour chaque patient. «Depuis que le cancer a atteint des proportions alarmantes dans notre pays, la prise en charge et la prévention ne s'étant pas enclenchées en adéquation. Un décalage qui a engendré un cumul difficile à fluidifier», commente un membre d'une association locale. Le cancer suscite beaucoup d'appréhensions quant à sa prise en charge. Et ce n'est pas la seule maladie qui bat de l'aile dans les hôpitaux. D'autres malaises, quoique simples, sont aussi handicapants. «Parfois pour une simple radiologie on est refoulé au seuil du service au motif qu'il n'existe pas de clichés, de produits ou sèchement : l'appareil est en panne», enchaîne un citoyen. La future composante de gouvernance devra, de l'avis de quelques observateurs, s'atteler à braver l'incidence du cancer en mettant en place une véritable stratégie delutte moyennant prévention (dépistage et sensibilisation des populations),technologie et prise en charge réfléchie pour éradiquer le mal à sa racine et éviter des complications menant à l'érosion du Trésor public. Le comble est que la société affiche un scepticisme en se référant aux derniers discours politiques de campagne n'ayant pas apporté un lot détaillé sur ce segment sanitaire qui ne sourit pas à tous les Algériens de la même façon, équitable en matière de thérapie. Nul ne pourra récuser les multiples infrastructures et déploiements médicaux concoctés ces dernières années. En revanche la prise en charge est toujours en deçà des aspirations, surtout au regard des moyens en millions de dollars déboursés à cet effet. «Il est grand temps que la santé change son fusil d'épaule en intégrant des compétences et des modes de gestion synchronisés si l'on veut éviter des disparités à l'échelle nationale. Aujourd'hui staff médical, malades et même administrateurs savent que l'organisation et la mauvaise gestion sont les ennemis majeurs d'une santé que l'on veut saine», éclaire un paramédical persuadé des insuffisances pénalisant les patients et parfois rendant la tâche ardue aux praticiens faute d'un organigramme adéquat allant de concert avec la cartographie sanitaire de la région. Que de doléances exprimées aux abords les structures de la santé publique. Et lorsque les CHU se montrent impuissant, le relais est pris par les cliniques privées, elles aussi, requérant, de l'avis des citoyens uneréorganisation radicale. «Elles comblent les lacunes de la santé publique et font saigner les poches des populations», témoigne une femme dont la radiologie approfondie lui a coûté une fortune. Et de renchérir : «Malgré le prix fort à payer, les rendez-vous sont quelques fois éloignés». La santé privée est un complément à la santé étatique. Cette donne est intervertie depuis des années, lorsque les hôpitaux commençaient à dépérir et à afficher leur insuffisance à tous les niveaux : problèmes de médicaments, équipements désuets, maintenance quasi inexistante... Sans omettre la fuite desspécialistes, mal rémunérés dans le secteur public, vers ces espaces «alléchants».En quelque sorte les CHU se sont vidés de leur essence, c'est-à-dire d'hospitalo-universitaires, dès lors que le privé prise les compétences en mettant le paquet. L'après 17 avril sera-t-il l'ère favorable à la bonne restructuration du système de santé 'En tout cas, si on s'en tient aux discours débités durant cette course à la présidentielle, rien ne prophétise que l'on veuille donner un bon coup dans la fourmilière.N. H.


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