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Disparition progressive des fêtes populaires à Constantine



Disparition progressive des fêtes populaires à Constantine
Nasser HannachiQu'a-t-on sauvegardé en matière de fêtes populaires à Constantine ' La ville millénaire au patrimoine, matériel et immatériel, diversifié a laissé au fil du temps s'éteindre quelques traditions qui auraient pu renforcer davantage ses acquis culturels et ses référents identitaires, comme cela est préconisé par les anthropologues, sociologues, ethno-sociologues, ethno-paléontologues et autres spécialistes. Les ponts Ahmed bey, Souika, Sidi M'cid, le Monument aux morts, Loghrab demeurent des sujets abordés dans des débats, mais attendent toujours les actes qui les arracheraient aux périls qui les menacent. Il est également un canevas d'expressions folkloriques qui a cédé la place à la politique des subventions et l'absence de tout renouveau allant de pair avec les métamorphoses du siècle, fut-ce pour perpétuer un pan de la mémoire collective de la disparition.Constantine, la future capitale de la culture arabe 2015, tourne le dos à ses antiques expressions culturelles qu'on rassemble dans ce fourre-tout qu'on appelle «folklore». Il fut un temps où l'air de la ville résonnait du charivari de ces fêtes traditionnelles et s'emplissait des odeurs des mets qu'on préparait à l'occasion. Ce temps est loin, diront les plus nostalgiques qui avaient eu l'occasion d'assister à quelques joyeuses rondes populaires. Aujourd'hui, ces festivités communes se font rares. Chamboulement dans les us, transformations dans la société. Même le «boussaâdia», ce danseur ambulant, qui s'invitait de village en village, a rangé son tambourin. Aujourd'hui, il ne reste qu'une minime animation du genre qu'organisent diverses troupes d'amateurs qui font quelques incursions saccadées, mais sans attirer la grande foule parce qu'il n'y plus de calendrier respecté et l'essence de la fête s'est évaporée. Quelle belle initiative de ressusciter les festivités traditionnelles de la ville. Une telle action ne peut qu'être fructueuse en termes sociologique et culturel car elle permettrait à chaque population de découvrir des facettesculturelles et patrimoniales de sa région. Mais, pour l'heure, rien ne vient. L'indifférence de la société n'a d'égale que celle des responsables de la culture, malgré la richesse que recèle chaque région du pays. Des exposants ouanimateurs d'autres localités vivaient une solitude aiguë. Juste après le coup d'envoi d'une manifestation par les officiels, tout retombe. Yennayar est sans doute une des rares fêtes qui subsiste encore à Constantine où les Aïssaoua et El wasfane prédominent la scène locale, même s'ils ne s'illustrent que dans des cérémonies presque institutionnalisées ou «en cercle clos», et n'égayent plus la ville comme ils faisaient par le passé. El wasfane prend part aux diverses manifestations, Diwane notamment. Les Aïssaoua ont désormais leur festival. Et le reste des richesses «folkloriques» est englouti, cédant la place à des expressions hétéroclites où les fusions ont fini par dominer la trameoriginelle. C'est une atteinte au patrimoine. Le Constantinois ne voit plus que quelques incursions de temps à autre, mais il est difficile d'y déceler le legs ancestral tel que consigné dans les us. Désormais, la capitale de l'Est est souvent évoquée par des «Ah, il était une fois Constantine», «Il fut un temps», «Avant, on avait...». Des expressions qui disent bien ce qu'elles disent, la nostalgie pour un passé... qui chantait. Malheureusement, les regrets ne peuvent initier ni remplacer une dynamique qui sauvegarderait et pérenniserait ces richesses, dynamique qui ne peut être enclenchée sans la mobilisation desdifférents acteurs sociaux et culturels, avec le concours des institutions publiques.N. H.


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