Contrairement à ce que n'arrête pas de déclarer le ministre de la Santé, la situation des malades au niveau du CHU Constantine relève du drame. À commencer par le centre anticancéreux où la désolation est totale parmi des malades régulièrement renvoyés chez eux après avoir parcouru pour certains plus de deux cents kilomètres dans des conditions draconiennes très souvent.La raison ' La pénurie de produits, notamment les drogues. Selon le personnel médical qui a tenu à garder l'anonymat, et pour cause les mesures répressives de la hiérarchie, «nous recevons des fois des produits pour le traitement de dix malades alors qu'il y en a des centaines. L'administration nous demande, excusez du peu, de prioriser les malades qui le méritent. Bien entendu, nous nous refusons à cela, ne serait-ce qu'en vertu du serment que nous avons prêté et à l'égalité qu'ont tous les patients dans la souffrance».Le personnel médical ne dispose même pas d'un tensiomètre et encore moins de poches de sang. Rien qu'en 2012, le service a enregistré des décès de patients ayant fait le déplacement pour une chimiothérapie et qui ne l'ont pas subie pour les raisons évoquées de pénurie de produits entrant dans le processus. Cette situation nous est confirmée à hauteur de l'association Oncologica dont un bénévole nous dira avoir assisté «au départ d'une malade ici, dans nos locaux». La défunte s'était présentée pour avoir des informations sur certaines procédures administratives. Car, il faut le souligner, l'association prête assistance morale, administrative, physique et financière selon ses moyens à quiconque se rapproche d'elle.
La pénurie, pour ne pas dire l'indisponibilité totale, de produits et médicaments pour les cancéreux nous est confirmée par des cadres de l'administration lesquels, encore une fois, et légitimement, requièrent la confidentialité des propos qu'ils nous tiennent. Enfin, au niveau de la pharmacie centrale du CHU, si la situation n'est pas démentie, il lui est toutefois trouvé un édulcorant qui consiste à préciser que des commandes ont été passées et qu'elles devraient être honorées très prochainement. Evidemment, il semble pour le moins difficile de croire en de tels propos quand on sait que le premier responsable du secteur lui-même ne dit pas la vérité, voire multiplie les contre-vérités.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com