A l'appel des quinze barreaux d'Algérie, toutes les activités judiciaires de défense, plaidoiries et visites des prisonniers ont été paralysées, hier, au niveau de la cour de Constantine, dont relèvent les tribunaux de Skikda, Jijel et Mila. Seuls les recours urgents ont été admis.
Fort de ses 2 938 avocats, le bâtonnat de la région de Constantine a pratiquement paralysé toutes les activités judiciaires. Selon les indications fournies par le bâtonnat de la région de Constantine, le mot d'ordre a été largement suivi par les avocats des tribunaux de Skikda (647) et Jijel (258). Aussi, toutes les audiences programmées durant les trois prochains jours ont été renvoyées à des dates ultérieures. Selon Me Mustapha Lenouar, bâtonnier de la région de Constantine et néanmoins président de l'Union nationale des barreaux d'Algérie (UNBA), à l'origine de cette fronde des robes noires, qu'il insiste à qualifier d'«arrêt d'activités» et non pas de «grève» au sens péjoratif du terme, les réserves émises par la corporation concernant des dispositions ambiguës et floues contenues dans le projet de loi régissant la profession d'avocat». Il s'agit notamment, explique Me Lenouar, des articles 09 et 24 de ladite loi portant respectivement sur «l'incident d'audience et le bloc d'audience» lesquels, explique-t-il, «ont une contenance qui laisse supposer diverses interprétations de la part du parquet général et des juges». C'est pourquoi, souligne le président de l'UNBA, «nous avons interpellé à travers notre organisation le ministre de la Justice, garde des Sceaux qui a été compréhensible et réceptif envers nos doléances pour l'introduction d'amendements concernant lesdits articles. Restent maintenant en suspens d'autres questions nécessitant l'intervention et l'étude de divers départements ministériels, à l'instar de celui des Finances, des recommandations portant sur ces dernières ont été soulevées à qui de droit pour trouver des solutions». Interrogé sur l'incidence de ce mouvement qui se poursuivra jusqu'à jeudi prochain sur les justiciables, notamment la gestion des affaires, le président de l'Union nationale des barreaux d'Algérie a, tout en faisant part de «son regret du tort que peut occasionné le mouvement», estimé que «la corporation vise avant tout à travers ce mouvement le renforcement et la consolidation du droit des citoyens à une procédure équitable et juste où la défense peut jouer son rôle en toute liberté». Puisque, estime-t-il, «il est inimaginable de demander à un avocat hanté par la peur de défendre un justiciable».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F B
Source : www.lesoirdalgerie.com