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L'APC sème à tout vent Toponymie et dénomination de lieux à Constantine



L'APC sème à tout vent                                    Toponymie et dénomination de lieux à Constantine
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili

Donner un nom à une rue, un établissement public, un stade, une bibliothèque pour éviter que ne se perde dans les méandres de l'oubli l'acte, le fait, le geste d'un homme, d'une femme et même d'enfants mais, également, d'un groupe de personnes, ne peut évidemment que s'inscrire dans l'ordre normal des choses et surtout rappeler que tout service rendu à la société mérite d'être gravé dans le marbre pour la simple raison que c'est ainsi que se fait l'Histoire d'un peuple, d'un pays, d'une nation.Bien entendu, jusque-là il y a cette impression qui ne peut échapper à personne que sur l'ensemble du territoire il existerait en matière de toponymie comme une inflation de noms de personnes comme si, depuis l'indépendance, il n'aurait plus existé d'individualités à même de figurer au panthéon national. Et ce n'est qu'avec l'avènement du terrorisme que les noms de certaines victimes ont quelque peu dérogé à ce qui jusque-là s'est apparenté à une règle.Quoi qu'il en soit, cette rigidité, même en l'absence de textes officiels, n'est pas sans avoir du bon, face au risque qu'aurait laissé encourir des attributs faits à tout vent. La preuve en est donnée depuis cinq ans dans la commune de Constantine où, chaque année, est présentée à l'auguste Assemblée populaire communale une liste de noms de personnes pour lesquelles est proposée la dénomination de l'annexe d'un établissement scolaire, d'une aire publique de jeu, d'une piscine, etc. En fait, logiquement une telle mesure fait partie effectivement des prérogatives de l'Assemblée communale comme cela se fait partout dans le monde. Une telle action qui ne s'arrête qu'au stade de la proposition emprunte une voie plus officielle jusqu'à aboutir au secteur ministériel concerné. Toutefois, durant les cinq dernières années de l'actuelle équipe en place, il n'y a jamais eu de rejet et le problème est que, malheureusement, il semblerait qu'il n'est pas accordé un grand intérêt à ce type de proposition, sachant que le ministère concerné ne constitue en réalité qu'une caisse de résonance ou une chambre d'enregistrement.Or, ces propositions sont généralement faites à l'avenant, les noms proposés qui appartiennent à des personnes éteintes tiennent plus à des affinités personnelles qu'à un parcours exemplaire pour ne pas dire au-dessus de tout soupçon. Rares sont ceux, parmi les élus, qui dérogent à l'unanimisme ambiant, faisant ainsi d'un acte dont l'importance peut être tout, sauf négligeable, une simple routine dont les conséquences ont forcément pour impact irréversible une écriture de l'histoire locale sujette à caution pour ne pas dire falsifiée. Mais le fait de glorifier les morts en raison de considérations religieuses, d'abord et par mauvaise conscience ensuite, ne permet pas hélas ! Un brin de lucidité dans bien des cas de figures auxquels il nous a été donné l'opportunité d'assister lors de certaines sessions de l'assemblée. Le mimétisme étant une seconde nature chez les élus mais aussi les gens de l'exécutif, il paraît pour le moins urgent de codifier les procédures d'attribution de dénominations des lieux publics et autres et si tant est que des normes administratives existeraient, autant veiller à leur stricte observance.
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