Constantine - A la une

«Il n'y a pas de traçabilité des transactions» Nouri Bouzoubia. Chef du service organisation des marchés à la direction du commerce de Constantine



«Il n'y a pas de traçabilité des transactions»                                    Nouri Bouzoubia. Chef du service organisation des marchés à la direction du commerce de Constantine
- Comment expliquez-vous la hausse des prix des fruits et légumes '

Avant de répondre, je tiens à préciser que le marché des fruits et légumes est caractérisé par la liberté des prix, c'est-à-dire que les prix obéissent à la loi de l'offre et de la demande. Si l'offre dépasse la demande, les prix fléchissent et, dans le cas inverse, ils augmentent. Actuellement, il y a une tendance haussière des prix de manière générale. Tant que les transactions ne sont pas facturées pour délimiter les responsabilités, sachant que les intervenants se renvoient la balle et tant que la facturation n'est pas de mise dans ce secteur, il est très difficile de déterminer la responsabilité, si bien que quand il y a une offre abondante, les prix fléchissent automatiquement. C'est vrai qu'il y a des man'uvres de stockage, de rétention de stocks, mais sincèrement, la meilleure solution pour réguler le marché est de faire en sorte que l'offre soit suffisamment conséquente pour répondre à la demande.

- En parlant de la loi de l'offre et de la demande, n'y a-t-il pas de garde-fou pour empêcher ces man'uvres qui nuisent au commerce '

Il faut imposer l'usage du chèque, cela nous permettrait de suivre les traces de la transaction. Mais tant que les transactions ne sont pas facturées, qu'elles manquent de transparence et dès lors que le mode de paiement s'effectue en espèces, la traçabilité au niveau de ce secteur n'est pas suffisamment apparente.

- Et cette absence de facturation est-elle tolérée par la loi dans ce secteur '

Non, la loi prévoit l'utilisation de la facturation et, compte tenu de la déstructuration du marché des fruits et légumes, la plupart des transactions s'effectuent en dehors des circuits légaux. Selon une étude réalisée par le ministère du Commerce, 60% des transactions en fruits et légumes s'effectuent en dehors des marchés légaux, donc par camionnettes sur des places publiques, au niveau des quartiers, etc.

- Là on parle de la responsabilité du département du Commerce. Vos services ont-ils les moyens de contrôler et d'empêcher ces pratiques '

Nos services contrôlent l'affichage des prix parce que le consommateur est en droit de connaître les prix pour choisir où s'approvisionner et l'affichage constitue un facteur de concurrence. Si la concurrence était de mise, elle pourrait influer certainement sur les prix. Le rapport qualité-prix est déterminant en matière de fixation des prix par le libre jeu de la concurrence.

- Mais sinon, est-ce que vous intervenez justement là où se trouvent ces 60% de transactions qui échappent à la facturation '

C'est une mission qui touche beaucoup plus l'ordre public, parce qu'on parle de gens qui n'ont pas la qualité de commerçants. Ils vont s'approvisionner dans les marchés illégaux et vendent dans les quartiers. Les pouvoirs publics s'affairent justement à assainir cette situation à travers, premièrement, l'éradication du commerce informel et deuxièmement, par la mise en place d'emplacements bien identifiés et structurés pour pouvoir suivre ces opérateurs et les immatriculer au registre du commerce. Parce que lorsqu'ils obtiennent un registre du commerce, ils deviennent connus et s'il y a un dysfonctionnement quelconque, on peut les identifier et les situer.

- Mais tout le monde se renvoie la balle' A quel niveau se situe la responsabilité '

Personne ne peut le dire tant qu'il n'y a pas de traçabilité.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)