
C'est parti ! Constantine est depuis jeudi Capitale de la culture arabe, la 20e depuis 1996 avec Le Caire comme ville inaugurale.Le concept des capitales culturelles régionales, né à Mexico en 1982, lors de la Conférence mondiale de l'Unesco, s'est développé dans le monde, notamment en Europe à partir de 1985, avec le choix symbolique d'Athènes.Partout la formule soulève des débats de fond sur la pratique culturelle et, notamment, le rapport entre événementiel et quotidienneté.Si elle s'appuie sur des intentions généreuses et une volonté d'échange et de partage qui se réalise peu ou prou, son déroulement ne peut être que plus problématique là où la culture n'est pas suffisamment ordinaire pour générer des capacités d'accueil et des maîtrises professionnelles.Cette confusion n'est pas le seul lot des pays aux faibles organisations culturelles.On a pu la relever pour plusieurs «capitales de la culture européenne» et, assez récemment, pour Marseille 2013 qui, en dépit d'une belle conception de départ, a connu de nombreuses misères : gêne des chantiers, luttes politiques autour de l'événement, démission du commissaire général? Et, comme ailleurs, poids du contexte.Constantine ne pouvait échapper à ces contraintes et dysfonctionnements. On se scandalise des retards de chantiers, comme s'il était de notoriété mondiale que les autres secteurs nationaux les menaient à un rythme helvétique.On s'offusque des problèmes d'organisation quand la tenue d'un seul concert souligne nos insuffisances en matière de management culturel, métier où nous n'avons formé personne. Fatalement, vouloir faire autant sur toute une année, quand nous ne sommes pas encore outillés (préparation, promotion, accueil des publics?) pour une manifestation de deux heures, entraîne des embouteillages dignes de notre cholestérol automobile.Il faut donc méditer les expériences précédentes, avec leurs apports et ratés, et nous résoudre un certain temps à nous occuper exclusivement des activités culturelles de base : du fonctionnement des bibliothèques, conservatoires et maisons de culture, de la qualité des manifestations périodiques, de la formation surtout, en arts et en management culturel, etc. En somme, aller vers la culture au quotidien et, notamment, à partir de l'école.Maintenant, c'est parti ! Que faire sinon s'efforcer de tirer le meilleur parti d'un événement qui met en lumière Constantine et l'ensemble de la culture algérienne, en tant que patrimoine et création.Pour le marquer à notre manière, nous vous proposons ici une sorte de «Constantinoscope» à travers quelques symboles, humains ou non, passés ou présents, emblématiques d'une ville au caractère historique et culturel prenant. On ne pouvait y mettre tout et tous. Nous voulions surtout suggérer que de part et d'autre de ses ponts ? image belle mais usée ? l'antique Cirta, comme l'ensemble de l'Algérie, abrite des trésors anciens et un potentiel créatif.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameziane Farhani
Source : www.elwatan.com