Constantine - A la une

Fidélité jurée au hirak



Le rythme effréné de la contestation récusant la tenue de l'élection présidentielle sous l'égide du régime politique en place a déteint sur le climat général des dernières heures précédant le jour J dans la capitale de l'est du pays. L'escalade pacifiste voulue par les activistes du hirak à Constantine et l'engagement indéfectible de la communauté universitaire qui prend part depuis plus d'une semaine à deux marches quotidiennes ont boosté davantage l'adhésion des citoyens au mouvement de rejet catégorique de cette joute.À J-1, les Constantinois ne semblaient guère se préoccuper de ce rendez-vous si ce ne sont l'attente et les questionnements sur les conditions qui vont prévaloir aujourd'hui dans les grandes villes et autour des centres de vote. Même les barrières délimitant des périmètres de sécurité autour de ces centres, mis en place dans la nuit de mardi, ne suscitent aucune curiosité chez les badauds.
Et s'il est une certitude que partagent cependant les Constantinois, c'est celle du boycott massif de cette élection présidentielle par les citoyens, à l'instar des plus importantes villes du pays. Même les plus sceptiques quant à une issue éventuelle qui conforterait les revendications du hirak, se démarquent de l'option d'accomplissement de l'acte de vote.
"Je ne suis pas un activiste du hirak et je n'ai pris part à aucune marche, mais je n'apporterai jamais ma caution à cette mascarade. J'ai fait mes emplettes aujourd'hui car demain (aujourd'hui, ndlr), je ne sortirai pas de chez moi", dira Farid, retraité de son état. Pour Saïd, enseignant universitaire très actif depuis le 22 février, "Constantine ne votera pas.
À moins d'un bourrage des urnes avéré, le taux de participation n'atteindra pas les 15% dans cette ville qui s'est déjà illustrée par des taux d'abstention très élevés lors des rendez-vous électoraux de ces dernières années, en dépit des recours aux procédés frauduleux de l'administration, et il est inimaginable que les Constantinois puissent trahir le serment fait durant ces dix mois de mobilisation citoyenne accrue et sans cesse grandissante.
Àlors, à bon entendeur : oulach l'vote". Sihem, handicapée moteur devenue une figure mythique avec ses béquilles, en tête des marches de tous les vendredis et mardis du hirak constantinois, n'en pense pas moins.
Présente hier et les jours d'avant aux marches quotidiennes, elle tenait, malgré la fatigue, à aller jusqu'au bout de ses forces. C'est en larmes d'ailleurs qu'elle fulminera : "Même si je dois y laisser ma vie, ce n'est surtout pas le moment de céder quand bien même le facteur temps ne nous serait pas favorable. La lutte continuera après le 12 décembre."

Kamel Ghimouze
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