
La ministre de la Culture, manière inhabituelle, est, ces derniers jours, montée sur ses grands chevaux, évoquant la menace que «certains cercles » laisseraient peser sur la stabilité du secteur qu'elle anime depuis une décennie. La ministre, tambour battant, recourt, selon ce qui est rapporté par nos confrères, à des expressions presqu'imagées de la situation dont le mérite est de décrire «superbement» les grands dangers qui prévalent à la périphérie de son département. Lesdits cercles viseraient à siphonner les budgets de l'Etat alloués au ministère de la Culture. Difficile quand même d'imaginer une consistance des budgets de l'Etat dont ne semblent profiter que les plus vernis et d'où, à la limite de l'indifférence pour ne pas dire de l'oubli délibéré, sont quasiment exclues les populations du pays profond.L'auguste institution fonctionnerait donc avec des partenaires privés dont certains sont «réglos» (dixit la ministre) et d'autres plutôt malhonnêtes qui pousseraient l'audace jusqu'à se présenter au ministère pour bénéficier des soutiens (financiers) à leurs projets, notamment dans le domaine du cinéma, du livre et du patrimoine. Autrement dit, dans la réalité, trois créneaux littéralement sinistrés et qu'en aucun cas les événements ponctuels organisés n'arriveront à glorifier. D'où le «recours à des «pratiques scandaleuses» comme les «pressions» téléphonées auxquelles Khalida Toumi et son département opposeraient une résistance formidable. Quoiqu'il en soit, pour le citoyen lambda, notamment celui du pays profond qui s'évertuerait à autrement imaginer les propos tenus par la ministre de la Culture, la situation ressemblerait à s'y méprendre à l'action d'un commando prenant d'assaut une banque. Plus trivialement, récupérer via un casse des fonds à la seule différence que les partenaires privés mais pas honnêtes du MC seraient convaincus de leur «bon droit». Auquel cas il ne serait pas malvenu de supputer l'existence antérieure de mauvaises habitudes, sinon ceci ne peut pas expliquer cela.La sortie médiatique de la ministre de la Culture n'est pas sans ressembler à un chant du cygne et expliquerait les remontrances faites à cet autre département ministériel qu'est celui de l'Intérieur dont «( ) les attributions ne sont pas de faire de la culture ( ) et les gens incompétents dans le domaine ( ) un drame», pour souligner toujours dans une vraisemblable plaidoirie pro-domo la «( ) récupération d'une dizaine de salles de spectacles» sur une décennie, sans préciser toutefois qu'elles ne fonctionnent pas et qu'à titre illustratif la Cinémathèque de Constantine réhabilitée entièrement et dotée de nouveaux équipements d'accueil en 2003 n'a jamais rouvert ses portes malgré les engagements personnels pris par la ministre en personne en 2006 devant un parterre de journalistes. Khalida Toumi en avait annoncé l'ouverture dans la quinzaine qui suivait et avait même fourni le nom de son directeur, lequel n'était pas non seulement au courant mais pis encore pas du tout intéressé. Ladite salle est depuis le mois de mars passé de nouveau en pleine réhabilitation pour être livrée pour la commémoration de la Fête de la jeunesse et qui' ne le sera pas. Seraient-ce encore les «certains cercles» évoqués par Khalida Toumi qui sont derrière cette gabegie. Enfin le ridicule aidant, la ministre de la Culture n'hésite pas à en appeler au devoir des Algériens afin qu'ils se mobilisent pour les salles de cinéma pour ce qu'elles représentent comme «moyen fondamental de culture, d'éducation et d'information mais aussi moyen de création d'emploi ( ) qu'elles reviennent au cinéma et pas aux bureaucrates'». Pathétique et plus encore, quand Khalida Toumi soutient que «( ) La culture est aussi importante que le pain, l'hôpital et l'école». Vu l'état dans lequel sont les hôpitaux et les écoles autant dire qu'il s'agit là plus d'une oraison funèbre de haute voltige pour ce qu'elle a d'apparentement avec l'état de la culture.Enfin quant au respect de l'éthique en matière d'accord de financement de projets cinématographiques dans le cadre de la commémoration du cinquantième anniversaire de l'indépendance nationale, la ministre et ses collaborateurs seraient bien avisés de jeter un coup d''il plus sérieux sur «certains» accords de ladite commission. Le conflit d'intérêt n'étant pas absent.
A. L.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com