Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Calme précaire à Constantine. C'est vraisemblablement fait pour durer car quoi qu'il en soit une partie de la population semble très peu se contenter du statu quo qui règne autour de l'assassinat des petits Ibrahim et Haroun d'autant plus que les précisions données par le procureur, mercredi passé, ont laissé la nette impression de plus jeter de l'huile sur le feu que ramener la sérénité. Cela d'autant plus que nombreux sont les éléments qui n'arrêtent pas d'alimenter la rumeur lesquels, de fait, démontent les bribes de vérité que tentent d'apporter légitimement les représentants des pouvoirs publics.
Le calme précaire évoqué risque de durer dans le temps dans la mesure où un peu comme dans les wilayas du sud du pays, les jeunes n'ont rien à qui ou quoi s'accrocher, la seule idée d'aller à la bastonnade constitue pour eux, en plus de la dose d'adrénaline recherchée, une sorte de revanche sur une adversité qu'ils n'admettent pas parce qu'ils considèrent qu'elle est le fait de l'homme et par homme il faut comprendre les politiques et ceux qui représentent l'establishment. Dans la matinée d'hier au cours d'une marche, laquelle n'était d'abord pas prévue, parce que non souhaitée par les parents, proches et voisins des familles endeuillées mais qui s'est quand même tenue aussi peu importante a-t-elle été sur le plan arithmétique n'en a pas moins atteint l'objectif voulu par ses organisateurs. Celui d'aller vers la confrontation parce que quelque part c'était le scénario mis en place et nul parmi les plus avertis ne pouvait l'ignorer ou feindre de l'ignorer. C'est ce qui s'est passé à hauteur de deux grandes artères du chef-lieu de wilaya et aurait pu se passer dans d'autres villes comme celle du Khroub où les bandes qui ont défilé se sont retrouvées dans la rue juste pour la casse et qu'heureusement en ne répondant pas et en se contentant de protéger les biens publics, notamment le tribunal, les policiers chargés du maintien de l'ordre ont évité de répondre à la provocation.
Dans les affrontements qui ont eu lieu rue Belouizdad, un véhicule des forces de l'ordre aurait été incendié dans la matinée pour qu'ensuite les jeunes se mettent en retrait regardant tels chiens de faïence ceux dont ils font inconditionnellement leurs adversaires.
Tous les ingrédients existent pour qu'une flambée de violence démarre en des endroits en rien concernés par le drame de la semaine écoulée dans la mesure où à la nouvelle ville Ali-Mendjeli le deuil porté pour une journée par les habitants a été observé dans la dignité, le calme et le sens des responsabilités même si, dénoncé par un deuxième communiqué, les commerçants répondant à celui anonyme ont fermé à 98% comme nous le confiera au téléphone un président de comité de quartier.
La situation est tout à fait complexe sachant que dans leur majorité les habitants de la wilaya de Constantine ne se résolvent pas à attendre que la justice suive son cours normal en garantissant évidemment leurs droits aux présumés auteurs des assassinats et pourtant pour les besoins de l'enquête et la conduite d'une instruction normale dans un Etat de droit, les démarches procédurières doivent obligatoirement aller à un train de sénateur pour éviter à une justice tellement mal en point et discréditée aux yeux des Algériens de répondre à une injustice par une autre.
Cela étant, les autorités locales n'ont pas bougé d'un iota exception faite de la maladroite démarche du wali évoquée dans l'une de nos éditions ou encore cette instruction donnée par l'ensemble des ministères du gouvernement aux cadres de leur administration décentralisée de se rendre chez les parents des enfants assassinés pour leur témoigner leur compassion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com