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El Khalifa... ou l'épreuve du pouvoir



El Khalifa... ou l'épreuve du pouvoir
Le pouvoir, sa vacance et l'alternance sont autant de problématiques auxquelles s'attaque la pièce théâtrale El Khalifa. Produite par le théâtre de Béjaïa Abdelmalek Bouguermouh, la pièce est adaptée de l'œuvre de Abdelhamid Bouchraki et mise en scène par la Franco-Algérienne, Elsa Anaïs Hemnine.Elle a été présentée au théâtre de Constantine, jeudi dernier, dans le cadre de l'événement Constantine, capitale de la culture 2015. Dans un style tragi-comique, la trame se déroule autour de situations cocasses, parfois burlesques, menant inéluctablement au débat. A travers les personnages du gouverneur et des princes consorts, ce sont des caractères humains qui se dévoilent, entre l'égoïsme et l'usurpation, il est forcement question de trahison, bonté, voire naïveté.C'est au fait l'autopsie d'une conjoncture, même si elle n'est figée ni dans le temps ni dans l'espace, qui demeure fort d'actualité, tant la problématique du pouvoir est intemporelle. C'est d'ailleurs ce qu'a expliqué, lors d'une conférence de presse, tenue mardi dernier, au TRC, la metteur en scène, Elsa Hemnane. Onze comédiens et amateurs se sont succédé sur les planches pendant 1 heure et demie, pour faire et défaire des intrigues dans les arcanes du pouvoir. Tout est dans la symbolique.Le gouverneur cédera le pouvoir mais en apparence seulement. Une retraite de façade. Que fera le peuple ' Sera-t-il guidé par ses idéaux démocratiques ou se laissera-t-il convaincre par une passation du flambeau qui n'en est pas une ' Somme toute, le pouvoir, sa vacance, et l'alternance seront les ingrédients de cette production qui, à n'en point douter, interpellera plus d'un. «Ce sont des questionnements que le commun des mortels se pose ici et ailleurs. Le temps et le lieu n'ont pas d'impact sur l'histoire qui est commune à beaucoup de gens dans beaucoup de pays», a précisé le metteur en scène qui citera quelques références historiques, à l'exemple du roi Lear ou Richard coeur de lion dont le destin illustrait à la perfection cette bataille féroce pour le pouvoir. Mais il n'y aura pas d'épilogue.La fin de cette histoire ne sera pas livrée. C'est un open end que la responsable de la troupe a délibérément souhaité. «Pas de moral, pas d'orientation dans le message, le spectateur est intelligent pour en tirer sa propre lecture», dira Elsa Hemnane, qui n'est pas à sa première expérience théâtrale. En mars dernier, elle a décroché le premier prix de la meilleure représentation lors de la 4e édition du Festival national de la production théâtrale féminine de Annaba avec la pièce Ibn Battouta.Son passage avec la troupe théâtrale de Béjaïa à Constantine s'inscrit dans le cadre de l'événement, Constantine capitale de la culture arabe. Une occasion pour découvrir la ville des Ponts avec «tout ce qu'elle incarne historiquement et culturellement».Le public a su apprécier la pièce El Khalifa.Il a beaucoup ri durant la représentation. Mais quand il est plongé dans ces multiples moments d'hilarité, il ne perd pas de vue une situation qui lui est familière. C'est à se demander s'il ne se sentait pas acteur dans cette fiction qui lui rappelle trop sa réalité '


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