Abdelouahab Derbal a fini par admettre l'opportunité de corriger le processus électoral comme cela a, de tout temps, été le plaidoyer de nombre de partis.M. Kebci - Alger (Le Soir) - Le président de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections fait sienne, même partiellement, la revendication de grands pans de la classe politique de revoir le processus électoral dans le pays. «L'expérience de 2017 (élections législatives du 4 mai puis locales du 23 novembre, ndlr) a démontré qu'un énorme travail attend l'ensemble des partenaires pour apporter des corrections sur l'opération électorale», estimait, en effet, avant-hier le patron de la HIISE lors d'une réunion du Conseil de la HIISE, à l'hôtel El-Aurassi, consacrée à l'adoption du rapport relatif aux élections locales du 23 novembre dernier. Des correctifs qui toucheront, selon lui, les «quelques lacunes» qui ont émaillé jusqu'ici l'opération électorale dont l'expérience, selon lui, «s'améliore progressivement».
Un constat qui semble réjouir la classe politique, notamment l'opposition qui, elle, réclame carrément la refonte totale du système électoral.
«Saluant» cette demande du président de la HIISE, le secrétaire général du Mouvement Nahda s'est, néanmoins, interrogé si cette doléance pouvait trouver écho favorable auprès d'un système qui manque cruellement de volonté politique d'aller vers une véritable démocratie qui suppose le respect de la volonté populaire avec son corollaire, des élections libres et transparentes. Un avis que partage le chargé de la communication du FFS qui rappelle avoir, bien avant le déroulement des élections législatives du 4 mai dernier et celles récentes, les élections locales du 23 novembre écoulé, appelé à la réforme, pas que du code électoral, mais la loi sur les partis, celle sur l'information, notamment.
Et s'ils appuient la démarche du président de la HIISE quant à la nécessité de revoir le processus électoral, le FFS et Nahda récusent le reproche qu'il a fait à l'ensemble de la classe politique. «Nous avons remarqué que sur ce plan aussi, il y a eu des insuffisances. Les représentants des partis ne maîtrisent pas ou ignorent carrément les procédures à suivre quand il s'agit d'introduire ces recours. C'est pourquoi ils recourent à la protestation politique», a estimé Derbal. Ce que dément Mohamed Dhouibi qui estime que cette «méconnaissance» est «relative» rappelant un cas concret, celui de Batna où l'administration locale a refusé d'accepter la candidature d'une liste du mouvement malgré l'intervention du bureau local de la HIISE. Il pointera du doigt «l'alignement des tribunaux administratifs sur l'administration», mettant toutes ces tares sur «l'absence des normes d'un Etat démocratique».
Même réplique chez Hacène Ferli qui tiendra à faire cas du recours documenté avec à l'appui des procès-verbaux, introduit par le doyen des partis de l'opposition au sujet de la non-comptabilisation à Constantine de pas moins de 3 000 voix qui «ont étrangement disparu». Pour notre interlocuteur, le combat pour le changement du régime est à ce prix. Un combat qui, selon lui, ne doit pas s'arrêter à ces «lacunes du code électoral» soulevées par le président de la HIISE qui, par ailleurs, s'est interrogé sur l'utilité de maintenir le système de listes fermées ou encore le seuil de 7% exigé pour prétendre au partage des sièges, faisant remarquer, dans ce sens, que «le vote se fait beaucoup plus sur des personnes que sur les partis et les orientations politiques».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com