
A la lecture de son chef-d'?uvre romanesque Mémoire de la chair, où le personnage de Khaled Ben Tobal est littéralement habité par Constantine, on a du mal à croire qu'Ahlem Mostaghenemi n'a jamais visité cette ville au moment de la rédaction.C'est pourtant la vérité. Native de Tunis en 1954, l'écrivaine, établie actuellement à Beyrouth, a connu Constantine à travers les souvenirs de son père, Mohamed Cherif Mostaghenemi, militant du PPA et fin lettré. Ce dernier, étant de formation francophone, a fortement encouragé Ahlem à lire et écrire en langue arabe. Ecrit à Paris et publié à Beyrouth, Mémoire de la chair est une ode douloureuse à Constantine et à l'Algérie. «Quand on perd un amour, on écrit un poème, quand on perd une patrie, on écrit un roman», résume l'auteure. La traduction anglaise est d'ailleurs titrée Bridges of Constantine (Ponts de Constantine).Mémoire de la chair est également écrit en dialogue avec l'?uvre de Malek Haddad. Khaled Ben Tobal est d'ailleurs l'homonyme d'un personnage du Quai aux fleurs ne répond plus. Après ce succès qui lui vaudra une grande reconnaissance critique et publique dans tout le monde arabe, et même une adaptation à l'écran, Mostaghenemi poursuit avec d'autres ?uvres romanesques de premier plan.Le chaos des sens, Passager d'un lit, ou encore Le noir te va si bien rencontrent un large lectorat avide de cette écriture d'une grande liberté de ton et d'une remarquable finesse. Ahlem Mostaghenemi devient une des romancières les plus lues du monde arabe et obtient de prestigieuses distinctions, dont le prix Naguib Mahfouz en 1998. Après cette brillante carrière de romancière, elle décide de renouer avec ses premières amours littéraires en revenant à la poésie (à l'âge de 17 ans, elle présentait l'émission poétique Hamassat, «Murmures», à la radio algérienne) à travers un recueil intitulé Alayka lahfa paru en 2014.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com