Boumerdes - A la une

Une station de dessalement pour faire face à la crise d'eau



Les autorités de la wilaya de Boumerdès s'attendent à l'inscription d'un projet prioritaire ayant en outre un caractère urgent de réalisation d'une station de dessalement de l'eau de mer pour atténuer un tant soit peu la grave crise de l'eau potable qui frappe cette région.Selon le DRE (directeur des ressources en eau), Kamel Abbès (simple homonyme avec l'ancien wali), il est possible d'acquérir rapidement cette station en kits pour une capacité de 70 000 à 80 000 m3/jour. Il propose la commune de Corso pour l'implantation de cette station. Pour le DRE, cette station permettra d'alimenter les plus grandes agglomérations de la partie ouest de la wilaya comme Boumerdès, Khemis-el-Khechna, Boudouaou, ainsi que les communes de Corso, Boudouaou-el-Bahri et Tidjelabine. Dans le même sillage, ces mêmes autorités ne diraient pas non à l'extension de la station de dessalement de Cap-Djinet (100 000 m3 actuellement).
La crise
En dépit de beaucoup d'efforts consentis par les autorités locales, sans de fortes chutes de pluie durant plusieurs semaines, la crise de l'eau potable dans la wilaya de Boumerdès ira malheureusement en s'aggravant. Les coupures ont d'ores et déjà commencé. Par ailleurs, les chiffres sont d'une réalité cruelle. Dans notre article daté du 17 mars 2021 portant sur «Un plan d'urgence pour parer à la sécheresse», nous écrivions à propos de cette crise : «On (les autorités) ne cache pas que la situation est assez grave. Elle le serait davantage si cette sécheresse devait persister.» Et la sécheresse persiste. La région recevait annuellement entre 800 et 900 millimètres. Elle n'a reçu jusqu'à présent que 300 mm. Ce qui représente environ 30% du potentiel pluviométrique de la région. Le complément d'eau qui lui est nécessaire lui parvient des wilayas de Tizi-Ouzou et Bouira, qui subissent la même sécheresse.
Tour d'horizon sur les ressources en eau potable de la wilaya
Selon la répartition qui nous a été communiquée par le directeur des ressources en eau de Boumerdès, un quota de 55 000 m3 lui est réservé sur les
100 000 m3 produits par la station de dessalement de Cap-Djinet. Au passage de la conduite venant de la station de traitement de Taksebt (Tizi-Ouzou) (210 millions de m3) en direction de l'unité ADE de Boudouaou chargée d'alimenter partiellement Alger, 85 000 m3/j sont réservés pour Boumerdès. Cette wilaya pompe de ses puits 25 000 m3/jour. Elle tire également 57 000 m3 de la station de Boudouaou, qui est alimentée à partir du barrage de Keddara dont la capacité est évaluée à 142 millions de m3.
Le barrage de Keddara n'est en réalité qu'un bassin de stockage ? il n'est alimenté par aucun oued. Ses eaux viennent du barrage de Koudiat-Asserdoune de Bouira (600 millions de m3) qui sont lâchées dans l'oued Isser. Une fois arrivées au petit barrage de Aït-Amrane, elles sont pompées vers Keddara. Les responsables de l'hydraulique ne le disent pas publiquement, mais malheureusement tout le monde le sait : tous les barrages du centre du pays sont complètement à sec. Ce sont les wilayas de Tizi-Ouzou, Bouira, Boumerdès et Alger qui en subissent les conséquences. Au niveau de Boumerdès et après un premier plan d'urgence, un complément de programme est mis en exécution, assure le DRE. Ce programme consiste à réhabiliter un bon nombre de forages délaissés et à lancer, dans l'urgence, de nouveaux forages. Cela ne suffira pas, c'est certain, pour revenir au modèle de distribution d'avant.
Comme la sècheresse s'accroche, la solution définitive pour Boumerdès viendra sûrement de son littoral.
Abachi L.
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