Le procès du séisme de Boumerdès s'est poursuivi hier pour le 6ème jour. Une séance consacrée à l'affaire du projet des 1500 lits de la cité universitaire de Corso qui n'a pas enregistré de victimes, faut-il le rappeler, contrairement à celui de la promotion immobilière «32 logements» qui a vu le décès de 13 personnes mettant en cause un prometteur privé.
En ce qui concerne le cas des 1500 logements de Corso, il faut savoir que le tribunal qui avait siégé l'été dernier avait annoncé un acquittement au profit du seul accusé dans cette affaire, à savoir Ghazi Baoune Achour, en qualité de chef de projet relevant de la direction de la DLEP de Boumerdès. Cet accusé a bénéficié de l'acquittement en raison de la non gravité des dommages qui ont découlé de la principale secousse du 21 mai 2003. L'expert désigné par la commission ministérielle instituée au lendemain du séisme, M. Berara Ahmed, a affirmé que le projet en question a été réalisé en application des normes techniques suivant «RPA 88», en dépit du fait que le terrain sur lequel a été construit le bâti est de type précaire.
Quant à l'accusé Ghazi Baoune Achour, celui-ci a indiqué aux juges que le projet a été réceptionné provisoirement en 2002 au ministère de l'Enseignement supérieur dans le but de prendre en charge la restauration des étudiants de la cité universitaire de Corso. L'expert judiciaire de son côté n'a pas été du même avis que son homologue de la commission ministérielle. Selon ses conclusions, «parmi les causes qui ont contribué à la dégradation des bâtiments et notamment le restaurant universitaire, il y a lieu de signaler que la conception technique de la bâtisse n'est pas conforme à une salle de restauration et donc ne répond pas aux obligations de construction de ce genre de bâtiment».
Par la suite, c'est au tour des mis en cause dans l'effondrement des bâtiments relevant du projet de la promotion immobilière «Djeriche» et notamment les responsables du bureau d'études, lesquels avaient été condamnés en première instance à deux ans de prison ferme assortie d'une amende de 50.000 DA. Selon M. Derriche, le promoteur du dit projet, la réalisation des 32 logements s'est achevée dans le respect des normes «RPA 88» et donc avant la révision du RPA en 1999. A une question du président du tribunal «comment le promoteur a entamé le chantier en l'absence d'un permis de construction ?», M. Derriche s'est contenté de répondre que tous les documents techniques et administratifs relatifs à ce projet ont disparu avec la mort de l'entrepreneur chargé de la réalisation de la construction. Quant à l'expert judiciaire Maldji Chafik, il a déclaré qu'aucun document, notamment technique, n'a été récupéré après le séisme de Boumerdès.
Le dernier dossier qui a été traité par le tribunal en cette 6ème journée du procès du séisme de Boumerdès est celui des 60 logements de fonction de la SNTF. L'expert Berara Ahmed, membre de la commission ministérielle, a conclu son intervention en indiquant que des anomalies ont été constatées concernant le site d'implantation des logements de la SNTF, lequel est situé sur un terrain de remblai à proximité de la voie ferrée et donc est soumis en permanence aux vibrations. Le responsable du CTC de l'époque a relevé dans son intervention que ce projet a été réalisé le plus normalement du monde, ce à quoi le président du tribunal Nouacer a posé la question de savoir pourquoi les bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes faisant 49 victimes. En conclusion, le président a fait savoir que la journée d'aujourd'hui sera consacrée aux plaidoiries des parties civiles.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K R / O M
Source : www.lequotidien-oran.com