Boumerdes - A la une

Les habitants des chalets de Corso ferment la route



Des jeunes, des pères de famille et même des grands-pères occupant les chalets de Haï Guedouari, dans la commune de Corso, dans la wilaya de Boumerdès, ont fermé durant deux jours consécutifs, dimanche et lundi, l'important axe routier qu'est la RN24 (Alger/Boumerdès/Dellys/Azzefoun).D'énormes troncs d'arbres et divers autres matériaux rendaient la route infranchissable pour les véhicules, y compris celle menant vers les chalets construits en 2003/2004 pour les familles sinistrées, victimes du tremblement de terre du 21 mai 2003.
Au premier jour de cette manifestation de rue, les occupants des chalets ont été rejoints par les habitants du petit village près de la mer, la partie en dur de Haï Guedouari en l'occurrence.
Ces derniers réclamaient quant à eux de l'eau. Ce lundi, à notre arrivée vers 10 heures, la colère des habitants était à son comble. «Depuis deux jours que nous avons fermé la route, aucune autorité civile n'est venue nous écouter. Il n'y a que les gendarmes qui se sont déplacés hier (dimanche, ndlr), et ils nous ont dit de ne pas créer de problèmes. Pour les responsables de la commune et de la wilaya, nous sommes moins que rien !»
Selon ces manifestants, les responsables locaux leur avaient promis en diverses occasions des logements en dur. Ils affirment en outre que des logements sont disponibles. Ils nous citent les lieux et le nombre : Boumerdès Sahel plus de 800 unités, Barrahmoune (Corso) 400 unités, Benmerzouga (Boudouaou) 1 145 unités.
De son côté, Abdelaziz, la soixantaine dépassée dont la famille de 12 personnes habite un chalet de 36 m2, jure qu'à Boudouaou-el-Bahri, 245 logements sont finis et sont vides depuis 4 ans.
Il y a lieu de noter que le cabinet du wali a rendu public un communiqué affirmant que 3 283 logements de diverses formules vont être distribués à l'occasion des festivités marquant l'anniversaire de l'indépendance nationale. Les occupants des 777 chalets de Haï Guedouari ne sont pas concernés. C'est probablement cette omission qui a fait déborder la colère de ces citoyens. Il est tout à fait vrai, qu'une grande majorité de ces résidents vivent le calvaire au quotidien dans un site de chalets transformé en immense bidonville, à force de faire des extensions anarchiques pour contenir la famille qui a grandi d'année en année. Les maladies chroniques, les maux sociaux et la délinquance y trouvent un terrain propice. A l'origine, ces 777 chalets - le plus grand site de la wilaya - avaient été installés pour reloger les familles victimes du séisme de 2003. Une fois ces familles sinistrées recasées dans des habitations en dur, les chalets libérés ont été attribués entre 2006 et 2008 dans le cadre du social. Il y a lieu de rappeler qu'un bon nombre de familles ont résolu leur problème ou ont des biens immobiliers et qu'elles ne sont pas dans le besoin urgent d'un logement. Mais ce n'est pas le cas de la grande majorité. Certaines familles gardent leurs chalets juste pour se donner le droit d'avoir un logement gratuitement. Nous sommes passés au niveau de l'APC de Corso pour avoir plus d'éclaircissements. On nous a dit que le P/APC est sorti sur le terrain alors qu'il était dans son bureau. Idem pour le vice-président. Nous avons laissé le numéro de notre portable. En vain. C'est un responsable administratif qui nous l'a confirmé.
«L'APC n'a aucune responsabilité sur le logement. Cela relève de la daïra et de la wilaya. Précision concernant le grand problème des chalets dans la wilaya de Boumerdès : il y a quelques années, l'ex-wali Fouatih avait, pendant des mois, fait des tapages médiatiques à propos de l'éradication de tous les chalets hérités de la catastrophe du 21 mai 2003. Fouatih est parti, mais les chalets avec leurs lots de misères restent plantés dans le sol comme pour narguer les autorités.
Abachi L.
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