Boumerdes - A la une

Le spectre du blocage des assemblées plane toujours



Dans l'écrasante majorité des assemblées élues, les négociations s'étirent dans le temps alors que, pour l'instant, l'administration ne bouge pas le petit doigt préférant laisser faire les élus.Deux semaines après l'annonce des résultats des élections locales, la plupart des assemblées restent bloquées. Des 1 541 communes et 58 wilayas que compte le pays, seules quelques-unes ont pu dégager la majorité nécessaire pour l'installation des assemblées locales. En initiant des élections locales anticipées, le chef de l'Etat voulait "doter le pays de nouvelles institution". Après les législatives de juin dernier, il voulait terminer l'année 2021 avec de nouvelles assemblées locales, le but étant de mettre fin à toutes les institutions élues héritées de l'ère Bouteflika. Il a ainsi rapidement promulgué toutes les lois régissant les élections. En plein été, une période de vacance parlementaire, le chef de l'Etat prend une ordonnance présidentielle adaptant le code communal à la Constitution de 2020 et au nouveau code électoral. Mise à l'épreuve du terrain, cette loi a, toutefois, montré ses limites.
Deux semaines après la proclamation des résultats des élections locales par l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), l'écrasante majorité des assemblées n'arrive pas à constituer un exécutif de wilaya ou de la commune. "Nous ne pouvons pas savoir où notre parti gérera une commune ou une APW tant que les négociations se poursuivent toujours", confie Safi Larabi, chargé de communication du Rassemblement national démocratique (RND). Il affirme que dans la majorité des assemblées "les discussions se poursuivent" et que "pour l'instant, l'administration observe et laisse faire les élus" sans intervenir. Mais le spectre du blocage est là. Jusqu'à hier, très peu d'assemblées ont pu être installées. Il s'agit de communes où des groupes d'élus ont réussi à s'entendre sur une personne. C'est également le cas de communes où seule une liste est présente. L'opération se poursuit, par ailleurs, à un rythme très lent à l'échelle nationale.
Mais dans les communes où les listes sont ex aequo, la situation se corse davantage puisque les jeux d'alliances se heurtent soit à des égoïsmes partisans, soit à des intérêts strictement personnels. C'est également le cas des APW, puisqu'aucune ne semble être installée malgré la signature de procès-verbaux d'entente entre les listes arrivées en première position. C'est le cas de Tizi Ouzou (qui devait être installée hier) où le FFS devrait présider l'assemblée, et de Boumerdès où le candidat du parti El-Fadjr El-Jadid a été adoubé par quasiment tous les autres groupes. Mais cela n'est pas évident pour d'autres wilayas. C'est le cas d'Alger où en plus du caractère mosaïque de la nouvelle assemblée, la guéguerre interne au FLN n'arrange pas la situation. Face à l'ancien président de l'Assemblée de wilaya Karim Bennour, qui souhaite driver l'APW, la direction du parti veut placer sa propre candidate. Ce qui rend la possibilité de résoudre la problématique encore plus complexe. Cela est valable également dans d'autres régions. Selon la loi, les assemblées doivent être installées au plus tard 8 jours après la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel.
Ce qui tarde à venir, sans doute pour donner plus de temps aux assemblées, afin de finaliser les arrangements permettant d'éviter les blocages. Mais dans le cas contraire, l'administration sera dans l'obligation d'intervenir. Des sources concordantes indiquent que dans le cas où des assemblées seraient bloquées, le ministère de l'Intérieur envisage d'aller vers des élections partielles. Une manière de régler également le problème des communes où l'élection n'a pas eu lieu faute de candidats.

Ali Boukhlef
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