À l'instar des autres régions du pays, dans la wilaya de Boumerdès, certaines entreprises sont à bout de forces et risquent la disparition. Elles cumulent des difficultés économiques et financières lesquelles sont nées dans le sillage de la crise financières que vit le pays.Ces difficultés sont doubles à cause de la paralysie des secteurs productifs à la suite de la pandémie de Covid-19. Plus grave, le ralentissement du secteur du BTP risque de donner un coup fatal aux entreprises de production des matériaux de construction, nombreuses dans la wilaya. À ce titre, lundi 31 août, environ 70 travailleurs de la Sarl Argilex ont observé un sit-in devant le siège de la Wilaya. L'entreprise en question ? 144 travailleurs ? est implantée aux Issers où elle produit, depuis 1995, des céramiques, dalles de sol, faïences. Les protestataires nous ont fait part de plusieurs griefs retenus contre la direction de la société qui les emploie. Ils sont par ailleurs en grève illimitée. Quelques motifs de cette colère : «Certains travailleurs n'ont pas été payés depuis une année.» «Le P-dg nous accorde des avances insignifiantes dont les montants varient entre 5 000 et 10 000. Il nous menace de licenciement. Nous avions déjà observé une grève de 40 jours pour réclamer nos droits. Nous dénonçons les menaces contre les travailleurs. » Alors que nous discutions avec les protestataires, leurs quatre représentants syndicaux étaient reçus au cabinet du wali.
Au niveau de la direction de la Sarl Argilex, nous avons été reçus par le P-dg Abderrezak Mohamed-Salah qui a répondu, sans aucune hésitation, à toutes nos questions. Nous lui consacrons une plus grande partie de cet article non pas parce que nous considérons que les revendications des travailleurs ne sont pas légitimes, mais tout simplement parce que les réponses du P-dg de la Sarl Argilex résument parfaitement les grandes difficultés que vivent les PME/PMI pour faire face, d'une part, à leur obligation de produire et vendre pour se maintenir en vie, d'autre part, à préserver les emplois et respecter le minimum des droits des travailleurs. Première question posée à notre interlocuteur : pourquoi les travailleurs n'ont pas perçu leurs salaires ' Dans sa réponse, il nous précise que seuls 2 mois ? juin et juillet ? ne sont pas payés. Ensuite, il nous retrace la genèse des difficultés que vit l'entreprise qu'il dirige. Ce sont des difficultés que rencontrent la grande majorité des unités de production algériennes.
«Depuis la fin 2018, notre société commençait à traverser une période très difficile. En 2019, pour la première fois dans la vie de la société, nous avions eu un déficit de 100 MDA. Pourquoi ce déficit ' Habituellement, l'entreprise produit annuellement autour de 1 600 000 mètres carrés. En 2019, cette quantité n'était que de 726 000 m2. La masse salariale en 2019 représentait 53% du chiffre d'affaires (CA). Jusqu'à 2018, le CA annuel tournait autour de 56 milliards. En 2019, le CA n'était que de 26 milliards. La production et les ventes sont en baisse alors que les charges sont restées les mêmes. En 2020, avec la pandémie de Covid-19 et avec les arrêts de production, c'est la chute libre. Nous avons repris en mai. Au lieu de produire mensuellement autour de 180.000 m2 nous ne produisons qu'autour de 30 000 et 40 000 m2. Les charges salariales sont restées les mêmes et le personnel n'a pas été touché.»
Commande en baisse, solution extrême
Comme cette entreprise n'a pas de liquidités pour faire tourner la machine productive, elle a été contrainte de demander, par trois fois, des avances sur commandes pour payer les salaires. Mais cette astuce a ses limites. Dans un secteur qui comprend 80 unités de production à travers le pays et au moment où la demande est en baisse, c'est bien difficile de trouver des clients importants avec, en sus, les prix qui ont chuté de 40%. Pour fonctionner normalement, cette entreprise est tenue de réaliser un chiffre d'affaires mensuel de 7 milliards. Elle est très loin de cet objectif. «Avec tous ces problèmes, il fallait négocier avec la Sonelgaz le report de l'échéance de quelques jours pour le paiement de la facture de 12 millions de dinars et trouver un fournisseur compréhensif concernant l'approvisionnement en matière première (argile, ndlr).»
Dans une note qu'il a adressée à l'Inspection du travail dont il nous a remis une copie, le P-dg écrit : «Compte tenu de cette grève illégale, sans préavis, la direction de la Sarl Argilex informe l'ensemble des travailleurs que l'usine est à l'arrêt jusqu'à nouvel ordre.»
Notre interlocuteur n'exclut pas la solution extrême, la compression du personnel. «Nous travaillons pour survivre. Nous somme obligés de ne travailler qu'en 2 fois 8 heures pour ne garder que le personnel essentiel et, par conséquent, nous sommes dans l'obligation, pour la survie de la société, de faire une compression du personnel. Il faut, en outre, trouver l'argent pour financer cette compression car les travailleurs partants ont des droits.»
Abachi L.
Des familles d'Aït-Amrane veulent quitter les chalets
Lundi, des citoyens occupant les chalets du site des 216 chalets de la commune d'Aït-Amrane se sont déplacés jusqu'au siège de leur Wilaya, pour protester publiquement et tenter de trouver un responsable pouvant écouter leur doléance. Ils veulent quitter les chalets et rejoindre les habitations qui leur ont été promises officiellement.
«À l'origine, nous étions 216 familles occupant ce site. 120 ont été recasées en 2019. Pour les familles restantes, elles devaient être relogées en septembre 2020. Un tirage au sort a été fait pour placer chaque foyer dans les bâtiments. Malheureusement, le projet qui nous était destiné n'est réalisé qu'à hauteur de 50%. Plus grave, les travaux sont à l'arrêt», nous résume le groupe.
Compte tenu du taux d'avancement de la construction et de la viabilisation, les résidents de ces habitations précaires devraient prendre leur mal en patience pour espérer quitter les chalets.
A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com