Au cours d'une rencontre tenue, jeudi dernier, avec le ministre délégué des petites et moyennes entreprises et le wali de Boumerdès, des bénéficiaires de micro-crédits ont soulevé une myriade de problèmes.Selon un jeune investisseur dans le secteur du nettoyage qui soumissionne depuis 2006 à Boumerdès mais sans jamais réussir à obtenir un marché : «Le monopole exercé par des grandes entreprises, notamment publiques, ne laisse aucune chance aux jeunes soumissionnaires.» «L'accusation de réception des plis de soumission nous est refusée par certains responsables», accuse un autre jeune entrepreneur de l'Ansej.
Il y a également certaines clauses des cahiers des charges qui «limitent à un lot dans un projet, alors que l'entreprise peut aller jusqu'à quatre». L'attestation de mise à jour exigée par la Cnas et la Casnos et l'attestation de bonne exécution avec les banques demandée par les maires sont une autre facette de la bureaucratie à laquelle sont soumis les jeunes entrepreneurs. Les rares fois où un jeune parvient à obtenir un marché, le paiement de son exécution n'intervient que des années plus tard alors que le fonds de roulement de l'entreprise est limité ou presqu'inexistant. Beaucoup de PME ont disparu à cause de ce problème.
A titre d'exemple, l'Office national des ?uvres universitaires (ONOU) a été cité comme mauvais payeur des jeunes entreprises qui ont travaillé avec ses services. Quant à la question d'obtenir un terrain pour entreposer son matériel ou pour exercer son activité, elle relève de l'illusion. Souvent, le Calpi signifie une fin de non-recevoir aux jeunes entrepreneurs. Les banques ne jouent pas, elles aussi, le rôle qui leur est assigné. Dès que le premier crédit de mise en place de l'entreprise est accordé, la banque ne se préoccupe que du paiement des mensualités au terme de la période de l'exonération. Pourtant, certaines entreprises ont réussi à se maintenir sur le marché et ambitionne, à juste mérite, de se développer. C'est là où la banque devrait intervenir pour l'accompagner financièrement pour des extensions. Il n'en est rien.
En résumé, les jeunes entreprises évoluent dans un environnement où se retrouvent incompétence, pouvoir d'influence, corruption, bureaucratie et autres maux politico-économiques. Par contre, l'assurance d'une autonomie des associations vis-vis de l'administration, l'assainissement des procédures réglementaires, la création de micro-zones d'activités apprêtées, la création de groupements d'entreprises, l'assouplissement des procédures administratives et bancaires et la révision des textes statutaires et des règles de la loi des marchés apparaissent comme des mesures indispensables pour redonner aux petits entrepreneurs l'espoir d'un redéploiement salvateur.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lakhdar Hachemane
Source : www.elwatan.com