«Il est formellement interdit d'exercer toute activité commerciale sur le trottoir ou commercer à l'aide de camion ou autres véhicules à roues au bord des routes du territoire de la wilaya de Boumerdès.»C'est ce que stipule le premier article de l'arrêté numéro 1602 signé par le wali de Boumerdès le 10 juillet 2017. L'article 2 de ce même arrêté qui s'inspire de 16 lois du pays régissant notamment l'activité commerciale, l'organisation du territoire, les codes civil et pénal ainsi que les démarches administratives intéressant la gestion des divers services et espaces publics stipule, «seront saisies les marchandises se trouvant sur le trottoir ou sur la voie de circulation.»
Selon l'article 3, les autorités de la wilaya ont le droit de mettre les véhicules utilisés pour ce commerce illégal sur le trottoir ou les voies de circulation en fourrière. L'article 4 cite nominativement les institutions régionales et locales notamment quelques directions exécutives, les APC et, surtout, les services de la gendarmerie et de la police en charge de l'exécution, les injonctions contenues dans cet arrêté.
Ces derniers à savoir les services de sécurité, l'APC et les directions exécutives concernées ne peuvent plus invoquer le vide juridique pour se dessaisir de leur responsabilité quand il s'agit de lutter contre l'accaparement des espaces publics afin d'y exercer illicitement des activités commerciales. D'ailleurs, c'est en exécution de cet arrêté que la Direction du commerce a programmé la démolition de certaines baraques érigées illégalement au bord des routes pour vendre des poissons, des fruits et légumes le long de la RN 24 au niveau du Figuier à l'est de la commune de Boumerdès.
«Cette opération touchera en premier lieu la daïra de Boumerdès. Nous commencerons par démolir et éliminer les étals aux abords des routes. Nous agirons de concert avec la gendarmerie», nous explique Samia Ababsa, directrice du commerce et de la concurrence de la wilaya de Boumerdès, laquelle est la rédactrice de l'arrêté cité plus haut. Cette opération sera entamée de nuit. Elle ne concernera pas les marchés hebdomadaires qui sont agréés. Elle vise à encourager les commerçants sérieux à entrer dans les enceintes des marchés de proximité et travailler dans la légalité. Madame Ababsa affirme que les communes et même les privés peuvent investir dans la construction des marchés de proximité, sources de revenus, pour peu que ces projets répondent aux normes urbanistiques et sécuritaires et rendent services aux consommateurs.
Sur un autre chapitre, la Direction du commerce et de la concurrence a entamé le recensement des commerçants activant dans l'informel. Pour l'heure, ils sont 1 092 individus et 37 points où plusieurs vendeurs exercent dans un seul point. Trois communes ; Boudouaou, Zemmouri et Ouled Heddadj ne sont pas encore touchées par ce recensement. Au sujet des marchés de proximité, une aberration est constatée dans la wilaya de Boumerdès. Et pour cause, des marchés tout neufs sont désespérément vides alors que les commerçants ont squatté les trottoirs adjacents ou carrément les bords des chaussées des grands axes routiers pour s'installer dans l'illégalité, et ce, au su et au vu de toutes les autorités. Dans une localité de la commune de Zemmouri, des marchands des fruits et légumes étalent leurs produits sur une partie de la chaussée d'un important axe routier (RN24), rendant cette partie de la route dangereuse. Dans la commune des Issers, dans le sillage des marchands informels présents dans la localité par centaines et face au laisser-aller des autorités locales, se sont créées de véritables bandes mafieuses qui rackettent ces commerçants. Or, l'APC a abandonné son marché qui faisait jadis la réputation de cette municipalité à ces bandes maffieuses. Il est question d'un chiffre d'affaires qui se calcule par centaines de millions de dinars. Ce n'est plus du laxisme mais un crime de dilapidation des biens publics. Des responsables locaux y trouvaient leurs comptes. Une autre forme de violence de certains commerçants est palpable particulièrement à Boudouaou-ville.
Dans cette agglomération, comme ailleurs dans toute la wilaya, des commerçants, non contents de s'approprier les trottoirs pour en faire leur bien privé, vont jusqu'à interdire, à coups de menaces voire d'agressions, aux automobilistes de garer leurs véhicules sur la chaussée en face de leurs locaux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abachi L
Source : www.lesoirdalgerie.com