Boumerdes - A la une

Bengrina, la prière, l'amazighité et l'Union



Selon toute logique, Abdelkader Bengrina ne devait pas se faire trop d'illusions quant à ses chances de devenir président de la République au terme du scrutin prévu le 12 décembre prochain. Dans tous les cas de figure qu'il pouvait tourner dans sa tête avant de s'engager dans la « compétition », il aurait compris qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de monde à penser à lui. Le seul scénario qu'il pouvait partager avec les autres concurrents est que les élections n'aient pas lieu mais cette éventualité ne conduisait pas à « l'égalité des chances », elle implique que personne parmi les cinq n'ira à El-Mouradia. Une lapalissade ' Certainement, mais il a dû quand même y penser. La deuxième, évidemment, est que les jeux soient déjà faits. C'est celle qu'il doit redouter le plus, non pas parce qu'il s'est subitement découvert une âme de démocrate et appréhende donc naturellement un scrutin dont les résultats sont entendus mais parce qu'il sait que ses chances d'être adoubé sont quasiment nulles même s'il peut toujours fantasmer sur une « option » islamiste qui, après tout, a été parfois dans l'air, suggérée par on ne sait qui. Le problème est qu'il est à l'islamisme ce que pourrait être Ploum-Ploum au parfum. De ce courant, ce n'est pas vraiment lui qu'on attendait comme représentant. Il l'a d'ailleurs tellement bien compris que même dans son discours, magma d'incohérences disparates, il n'est jamais parvenu à placer une phrase qui puisse le situer quelque part. Quand il l'a compris, il a pensé se rattraper par le plus commode : en priant sur un trottoir de Boumerdès ! C'est facile, ce n'est pas cher et si ça ne rapporte pas gros, ça permet d'envoyer des signaux? on ne sait jamais. Et pour une fois qu'il a de la suite dans les idées, il est revenu avec quelque chose de plus engageant : « Je ne suis pas amazigh » ! Une phrase qui, en plus d'être un signal « rassurant » quelque part, tient d'une arrière-pensée « pratique ». Il s'est dit que de toute façon, la Kabylie ne va pas voter, alors autant s'en passer et pourquoi pas, rameuter ailleurs, là où le reniement historique, identitaire et culturel peut être rentable. Ce n'est plus évident depuis que le soulèvement populaire a réconcilié les Algériens avec eux-mêmes mais il ne doit pas le savoir. Même s'il le sait, personne n'attend de lui qu'il le dise. Et en parlant de « voter », nous sommes déjà dans la troisième hypothèse. Celle où le scrutin aura lieu, dans les conditions que tout le monde imagine, avec une élection sans double fond que d'aucuns disent inutile en raison de l'identité des cinq candidats ! Ce n'est pas sûr qu'il ait une chance, même dans ce cas un peu farfelu mais n'est-ce pas que « tout est possible » par ces temps de tourmente et d'incertitude ' Alors, il somme les manifestants anti-élections qui lui disent ce qu'ils pensent dans plusieurs de ses déplacements, d'organiser plutôt des marches contre? le Parlement européen qui a programmé la situation algérienne dans son agenda. Toujours avec de la suite dans les idées depuis quelque temps, il parle à ceux qui rejettent l'élection en s'adressant à ceux qui vont? voter !S. L.
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