Les villageois d'Aït Saïd, dans la commune de Chabet El Ameur, attendent désespérément leur part de développement. La proximité du village du chef-lieu ne leur a été d'aucun apport. Erigé en centre de concentration à l'époque coloniale, Aït Said n'a pas beaucoup changé.Ce qui faisait office de caserne militaire au temps des colons a été transformé en CEM en 1989. «Ce CEM était aussi un centre de torture. De nombreux martyrs auraient été enterrés vivants quelques mètres plus loin. A ce jour, rien n'a été fait pour exhumer leurs ossements», se désole Mohamed.
Selon lui, cet établissement n'est toujours pas doté de cantine et les élèves ne bénéficient pas de transport scolaire. «Même la cantine de l'école primaire est fermée à cause des retards mis par l'APC pour l'approbation du marché relatif à la fourniture des denrées alimentaires», déplore-t-il. La route desservant le village est dégradée, incitant plusieurs transporteurs à changer de ligne.
Les jeunes de la localité passent le gros de leur temps à raser les murs en attendant des jours meilleurs. Leur lieu de divertissement se résume à un terrain de foot jamais aménagé et difficile d'accès.
Les villageois soulignent que bien que des milliards aient été alloués pour améliorer leurs conditions de vie, cet argent a profité aux entrepreneurs et autres affairistes. «Cela fait plus de six ans qu'on a réalisé une salle de soins dans notre village.
Elle est toujours fermée pour une histoire de fil électrique mal placé. L'APC aurait alloué 200 000 DA pour le déplacer. On attend depuis quatre ans», argue-t-il comme pour démontrer la politique de bricolage des autorités.
Même le projet d'aménagement urbain et celui portant rénovation des conduites d'AEP ont viré au fiasco. «L'eau coule une fois par semaine dans nos robinets. Les quantités d'eau qui arrivent dans nos foyers sont nettement inférieures à celles qui partent dans la nature.
Cela est dû à la vétusté des réseaux. L'APC a réalisé de nouvelles conduites pour un montant de 18 millions de dinars, mais elles n'ont jamais été mises en service», ajoute Mohamed.
En dépit des risques de pollution, 50% des villageois utilisent encore les fosses septiques et déversent les eaux usées dans l'oued Bouiri. Ce qui a réduit drastiquement l'activité agricole en amont et en aval du cours d'eau.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Koubabi
Source : www.elwatan.com