Bouira - A la une

Quand le bricolage s'érige en règle



Quand le bricolage s'érige en règle
En 2011, le festival de Tikjda était lancé avec l'engagement de l'officialiser et d'en faire un grand rendez-vous culturel. L'édition expérimentale puis la première seront de vraies réussites puisqu'elles verront la participation de grands noms de la chanson algérienne. Lounès Aït Menguellet, Benzina, Ali Amrani, Raïna Raï... sont les premiers artistes à animer des soirées familiales au niveau du stade du Cnlst.A ce jour, toutes les éditions donnent l'impression d'être organisées par obligation. Ni les artistes, ni les dates ne sont à la hauteur des espérances et des engagements pris au début. L'édition lancée jeudi dernier perpétue la fâcheuse habitude, un festival juste pour marquer l'événement. D'emblée et pour on ne sait quelle raison aucun programme préalable n'a été communiqué à la presse.L'événement a été relayé de bouche à oreille. Aucun citoyen à Bouira n'était au courant de ce festival, pourtant instauré pour attirer les touristes vers le site naturel. Le choix des artistes constitue aussi une vraie énigme. Des rumeurs faisaient état de la venue des Abranis, un groupe en fin de carrière qui a trouvé l'unique espace où il continue à animer son vieux et vieillissant répertoire. La direction se défend et argue d'une politique d'austérité mais aussi d'une volonté de donner leur chance aux artistes locaux. La justification tient la route mais n'exonère point la responsabilité dans la décadence qui caractérise chaque édition. L'empressement, la désorganisation et la faiblesse du programme de ce festival remettent sur la table le long et chaotique scénario de la direction de la culture de Bouira. De l'avis de tous, cette direction accuse un retard engendré par le passage d'un directeur venu narguer les gens avec son fameux «je suis retraitable». Maintenant parti, ce directeur, chassé de Béjaïa, a laissé un lourd legs à son successeur intérimaire.Le secteur de la culture continue de susciter le mécontentement. Même le premier responsable de la wilaya a reproché aux responsables du secteur leur inertie, voire leur incompétence. «Tous les projets sur le chantier de réalisation du théâtre régional au chef-lieu de wilaya accusent du retard; le wali a menacé de retirer le marché au maître de l'ouvrage, au bureau d'études et à l'entreprise qui, selon lui, manifestent une réelle incapacité à dynamiser les travaux lesquels sont à la traîne depuis maintenant une bonne année. Le retard dans les travaux concerne aussi l'annexe de la Bibliothèque nationale, le théâtre de plein air, un projet à l'arrêt.Sur le plan de l'animation aussi, la direction a montré ses limites. A l'occasion du mois de Ramadhan de l'année écoulée, cette direction avait prévu plusieurs galas en soirée. Rares, pour ne pas dire aucun, n'est allé à son terme puisque l'ensemble des galas ont fini en queue de poisson et se sont terminés par des bagarres et des rixes entre jeunes. Même le gala du grand chantre de la chanson kabyle, Lounès Aït Menguellet, n'avait pas dérogé à la règle.Organisé dans une salle de conférences exiguë la soirée a suscité le mécontentement des milliers de personnes restées dehors. Parce que notre journal n'a pas été destinataire du programme, nous nous limitons à cette couverture.


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